Première partie de cette histoire, t. i, p
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rite qui, libre comme elle, préserve leur indépendance en défendant la sienne. 11 n'offrit jamais à l'Église la sujétion en échange de la faveur, et en concevant l'espoir de se servir d'elle il éloigna de sa pensée tout dessein de l'asservir : il la voulut avoir pour alliée, non pour instrument. Trop fier pourtant lui-même pour laisser effleurer la dignité du pouvoir suprême dont l'avaient investi tout ensemble l'hérédité et la victoire, si, en face de l'Église, il se fût fait scrupule de commander, pas même en face de l'Église il n'était résigné à paraître obéir. Il consuma sa vie dans un effort sincère pour faire concourir au même but la religion et la polilitjue, sans les subordonner l'une à l'autre.
11 apprit bientôt, par une triste e^^périence, que cette entreprise, en tout temps délicate, était décidément impraticable quand ce libre concours devait être établi entre un État et une Église issus de sources opposées et imbus d'esprit contraire. A tout moment, même sous sa main forte et prudente, les deux forces qu'il voulait tenir unies sans les contraindre s'entravèrent au lieu de s'appuyer. Les grands actes, les grandes fautes, les misères mêmes et les puérilités de son règne se rattachent à cette poursuite d'un but qui échappa toujours à ses efforts. Ainsi s'expliquent également Constaatinople et Nicée. Il fonda une Rome nouvelle quand il vit que les vieux génies de l'empire, au lieu de céder sans combat au Dieu unique, étaient
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résolus à se défendre derrière le rempart de leurs sept collines'. Il fit appel à la grande voix d'un concile lorsqu'une de ces divisions religieuses qiii sont l'épreuve constante de la fei lui fit craihdre qne l'Église elle-même n'échappât au plan d'unité dont son intelligence était possédée : essayant, dans les deux cas, de vaincre la résistance sans la briser, de convertir l'État et de diriger l'Église en épargnant à chacune des deux puissances l'humiliation de déférer ostensiblement aux ordres de l'antre. De là aussi le spectacle tour à tour risible ou touchant que donna ce grand monarque prêchant ses sujets du haut du trône, au risque de prendre, par une fâcheuse méprise, des adulateurs pour des prosélytes^. De là tant d'éclairs de génie et de jets de passion, une alternative de conceptions grandioses et de volontés impatientes, par où se trahit l'agitation d'une âme toniouj's en quête, jamais en possession de l'objet de' ses vœux. De là enfin, quand ii faillut quitter l'espoir avec la vie, quand il sentit la dissolution renaître dans son empire en môme temps qu'elle gagnait ses membres affaiblis, celte tristesse amère qui visita son lit àe mort, et que ne purent dissiper cont{)létenwnt ni la joie de rinnocence recou- ■'*rée par le baptême» ni l'attente de la béatiliide^ A uii esprit borné tous les problèmes paiaissent