Première partie, t. ii, p. 303 et suiv
simples. Celui qui avail troublé Constantin ne fut pas même aperçu du fils indigne qui recueillit un inslant l'héritage de tout son empire. Constance, sans comprendre la difficulté, la trancha résolument au profit de son propre pouvoir. Il trouvait dans l'Église, que son père avait rapprochée du trône, une hiérarchie fondée sur un caractère sacré, et une autorité mise à l'abri des révolutions par le mélange de l'amour et du respect. Il lui parut aussi naturel que commode de s'asseoir lui-même à la tête de ce gouvernement tout fait. Commander à des évêques en même temps qu'à des magistrats, présider tour à tour à des synodes de prélats et à des consistoires d'officiers, promulguer des canons à l'appui de ses édits, ce fut là à ses yeux nonseulement une prérogative désirable , mais un droit héréditaire, dont il réclama l'exercice avec la naïveté d'arrogance qui est propre aux enfants gâtés de la fortune : « Ma volonté, dit-il un jour dans un de ces emportements de colère qui mettent à nu le fond d'une âme, est un canon comme tout autre, et mes évêques d'Orient trouvent bon qu'il en soit ainsi*. » Il disait vrai; des successeurs des apôtres se rencontrèrent pour approuver cette manière d'exercer et de transmettre le commandement dans l'Église, et pour prendre place eux-mêmes dans l'État, à côté des préfets et des généraux, aux mêmes conditions de subordination dans le