Ces faits doivent sel iv fhns l'hiver de 33G à
uer insolent, au lieu tic se conformer à cet ordre, prit tout droit, saris autre explication, la roule de Milan, jnnonçanl qu'il allait rendre ses complcs à Constance, il n'était pas embarrassé pour trouver de quoi remplir, dit Ammicn Marcellin, ces oreilles toujours ouvertes à la délation. Arrivé au séjour de l'Auguste, Marcellus demanda à é(re introduit dans le consistoire sacré, et là se mil à dénoncer avec une grande chaleur le César de Gaule comme se livrant à des manœuvres criminelles pour gagner la confiance des troupes et les détourner de leur devoir. « Ses ailes croissent, disait-il, en suivant sur le visage de Constance reflet de ses insinuations, et il ne tardera pas à prendre son vol plus liaut encore. » Il en était là, quand on annonça qu'un envoyé de Julien demandait 5 son tour à être admis. Il n'y eut pas moyen de fermer la porte à la défense après Tavoir ouverte à l'accusation.
Julien, en effet, avait envoyé, à la suite de Marcellus, un député chargé de justifier sa conduite, et il avait fait choix pour cette mission d'un des eunuques mis auprès de lui en qualité de chambellans , et chez qui il avait démêlé un esprit et un cœur supérieurs à sa condition. C'était un Arménien du nom d'Eulhérius, noble d'origine, mais que le sort de la guerre avait réduit dès son enfance en captivité. Bien qu'il fit partie de ce cortège imposé où Julien ne voyait que des espions, le prince et lui s'étaient promptoment liés par une sympnlhie de çtoiVs littéraires. Fulhérius avait l'esprit cul-
tivé , et Julien avait trouvé du charme à reprendre avec lui ses lectures favorites. Peu à peu, touché de ses bons procédés, il s'était laissé aller à épancher dans fe sein de ce confident inattendu les peines qu'il devait cacher à son entourage suspect. En retour, le chambellan lui donnait ses conseils et corrigeait même assez hardiment en lui ce qui pouvait rester encore de la mollesse des habitudes asiatiques. Cet excellent ami s'acquitta dignement de sa mission : mis face à face avec Marcellus, il raconta, preuves en main, comment l'agent infidèle avait compromis par sa défection le sort de la domination romaine en Gaule. Sa défense énergique trouva un auxiliaire dans l'impératrice Kusébic, qui gardait toujours pour son jeune parent une tendre prédilection. Sous l'influence de celle douce voix, Constance fit taire, au moins en apparence, sa jalousie naissante, et Marcellus fut banni et remplacé. La cavalerie fut confiée à Sévère, et l'infanterie renforcée de vingtcinq mille hommes sous le commandement d'un général du nom de Barbation. Si ce Barbation était le même officier qui avait arrêté autrefois Gallus en Istrte, c'était un étrange serviteur qu'on donnait au frère même de ce malheureux prince *.
Satisfait cependant de ce résiliât qui lui fut connu probablement dans l'hiver de 357, avant qu'il pût . reprendre le cours de ses opérations militaires, Julien en
1. A mm. Marc, xvi, 7. — Liban., Or. 10, p. 272. — Zos., ut, î. — Voir anssi dans le volume précédent, p. 247-2*8.
témoigna sa reconnaissance à rempereur,et,avec plus de vivacité encore et de sincérité, h l'impératrice. C'était le moment où Constance se disposait h ce voyage de Rome, dont nous avons raconté en détail les ridicules incidents. De toutes parts, on se le rappelle, les sénats des grandes cités envoyaient leurs députations pour assister à l'entrée de l'empereur dans la ville éternelle, et lui offrir leurs hommages1. Partout les écrivains étaient h l'œuvre: dans tous lesateliers de rhétorique on fabriquai t des panégyriques. Julien, aussi dissimulé qu'ardent et habitué dès l'enfance au mensonge par l'oppression, quitta aussitôt l'épée pour la plume, et se mit à l'ouvrage comme les autres ; appelant à son aide tous ses souvenirs classiques, feuilletant de nouveau son Virgile et son Homère qui ne le quittaient pas dans ses campagnes, il tira de sa veine deux morceaux de déclamation verbeuse, où il compare Constance à tous les héros de l'Iliade , et Eusébie à Àndromaque et Pénélope. Nous avons encore ces deux pièces curieuses, composées, avec beaucoup d'art, d'après toutes les traditions de l'école. Le texte en a pu être un peu retouché par l'auteur, à une époque postérieure, car l'invocation aux dieux du paganisme y dépasse vraiment la mesure de ce que la fiction poétique * pouvait permettre sous un empereur