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nombre des bienfaits de sa protectrice, et qu'il paraissait mettre, dans sa reconnaissance et ses prédilections, si loin derrière sa bibliothèque. On dirait qu'en prononçant seulement son nom , l'orateur craindrait d'émouvoir la jalousie de sa noble souveraine. Ce fut pourtant cette princesse si dédaignée qui dut, suivant toute apparence , être chargée de porter à la cour les deux morceaux d'éloquence. Car elle fit partie, comme on la vu, du cortège qui accompagna Constance à Rome. Elle venait de mettre au jour un fils mort dès sa naissance, et relevait a peine de cette couche malheureuse. On disait dans l'armée que la sage-femme qui l'avait délivrée avait fait périr son enfant par ordre supérieur. Plus tard, lorsqu'elle revint, on répandit aussi le bruit qu'Eusébie, stérile elle-même, et jalouse de sa cousine peut-être encore à un autre titre, lui avait fait prendre un breuvage qui devait l'empêcher de concevoir de nouveau. Ammien Marcellin, avec la naïve immoralité d'un païen, rapporte même le fait comme avéré, sans qu'il paraisse croire diminuer en rien par là la haute estime qu'il professe pour les vertus d'Eusébie. II est certain que, quel qu'en soit le motif, et peut-être uniquement par l'effet des froideurs de son époux, Hélène n'eut pointd'autre fruit de celte union si peu tendre1.
Une des deux pièces que nous venons de citer se termine brusquement par ces paroles brèves : « Mais le temps manque pour pousser plus loin le culte des
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Muses; il faut maintenant retourner à mon ouvrage *. m En effet la saison du loisir et des Muses s'écoulait; celle des armes était venue. Maitre maintenant de deux armées, Julien avait conçu pour les employer une combinaison de manœuvres dont il se promettait le plus heureux succès. Les Francs étant momentanément réduits par la prise de Cologne et la défense du Rhin supérieur, c'était contre les bandes alamanes, refoulées dans les Alpes helvétiennes et rhétiques, que l'effort principal devait porter. D'après le plan de Julien, le général Barbation arrivant d'Italie devait s'avancer dans ces régions montagneuses en suivant le Rhin qui en sort, jusqu'au pays des Rauraques (le canton de Bàle). Julien, de son côté, à la tête de son corps d'armée, devait remonter le Rhône jusqu'au lac Léman. Les Barbares se trouvaient ainsi enserrés de toutes parts, coupés de la Germanie et obligés, pour échapper à cette tenaille (comme parle Ammien Marcellin), de livrer bataille , soit à Tune , soit à l'autre des deux armées romaines9.
L'effet répondit d'abord aux espérances de Julien. Il rencontra l'avant-garde barbare dans les plaines de la Saône et sur le territoire de Lyon, qu'elle était en train de ravager. Devant l'apparition des aigles romaines, les Barbares reculèrent à l'instant et rentrèrent dans l'Helvélie, non sans éprouver de grandes pertes sur les routes