IV
S? JlLIllX EN f.ALLC.
on saisit le césar de Force, on le plaça debout sur le L.jticlicr d'un fantassin, et les airs retentirent du cri de: « Vive Julien Auguste!» Puis on chercha un diadème pour lui ceindre le front. Comme on n'en trouvait pas ;îu palais, quelqu'un proposa d'y suppléer par le collier île l'impératrice . «Non, dit le nouvel auguste, déjà assez mailrc de lui pour plaisanter: je ne veux point commencer à régner, paré comme une femme. » Il refusa /•gaiement de se servir d'une aigrette de cheval qu'on lui proposa. Alors un porte-étendard de la Pétulante, <u rachanl une plaque de cou qui distinguait son grade, h) Ht hisser auprès de lui pour l'en couronner; et Julien, se laissant faire, promit à chacun des assistants cinq pièces d'or et une livre d'argent
1 . Arnm. Mare., XX, '».— Jul.— Liban. — Zos., /oc. cj7. — Tous ces écrivains donnant lt instance de Julbn à sa proclamation comme sinc . ■; mai.; tous sont païens et favorables à Ju'ion. Nouscroyous que, h. ùu'ré toute l'habileté de dissimulation qui n'abandonna Julien dans ua**une des [-liages de sa vie, il lui est échappé ici une contradiction «jul ne permet pas île cro;ie à sa sincérité. Si les dieux lui avaient «ji -donné de prei:d:e l'empire, comment aurait-il hésite? Il faut donc, eu -qu'il ait simulé la résistance,"ou qu'il ait inventé l*apparition. Nous f ! r<\ - >\is mi» u\ a-mi remlie son caractère à la fois exalté et dissimulé • » supposant qu'il se croyait véritablement poussé parle ciel à proula couronne, mais qu'il voulut jusqu'au dernier moment garder !e moyen de se justifier auprïs de Constance. Quant aux écrivains chrétiens, ils accusent tous Julien d'avoir pris la couronne lui-même
Cjuf. S. Gré?:. Naz., Or. iv; Zon., xm, 10; Soz., v. 1 ). — Il fuit consulter aussi, pour mémoire, le récit d'Eunape, dans la vie de Maxime, p. 47G,qui fait venir en Gaule sur l'ordre exprès de Julien l'hiérophante d'Eleusis pour combiner avec Oribasc et Évhémèrc la 'ieslruclioH de la tyrannie de Constance. Eunape avait sans doute donné quelque preuve à l'appui de cette singulière assertion dans soi iiist jire générale que nous avons perdue.
11 lui convenait pourtant de paraître contraint jusqu'au bout. A peine rentré au palais, il ferma la porte sur lui, ôla le diadème, et resta plongé dans de profondes réflexions, couvrant des apparences d'une douleur feinte une émotion qui ne Tétait pas, et ne voulant même pourvoir h aucune dos affaires courantes du gouvernement. Celle réclusion dura plusieurs jours, au milieu de la surprise et bientôt de l'inquiétude universelles. Enfin on commença à murmurer dans Tannée que les amis de Constance avaient fait tuer ou disparaître le prince. Il n'en fallut pas davantage pour renouveler Témotion 5 peine calmée, et les soldats, quittant de nouveau leurs campements, vinrent une seconde fois forcer en désordre l'entrée du palais, où ils trouvèrent toutes choses dans le calme le plus parfait. Sur l'interrogation des gens de garde qui leur demandèrent ce qu'ils voulaient : « Nous voulons voir Auguste,» s'écrièrcnt-ils. On leur ouvrit à l'instant la p nia de la salle où se tenait le consistoire, et Julien leur apparut alors tout à point, assis sur le siège impérial et d ms son brillant costume d'empereur f. La foule ravie demandait encore justice des assassins prétendus. Julien, qui savait sans doule à quoi s'en tenir sur la réalité du complot, contint ces fureurs aveugles, et Ton applaudit à sa clémence.
Dès le lendemain, une revue fut convoquée au champ