‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 177 sur 297 · Àmm. Marc., xx · texte numérisé non relu

Àmm. Marc., xx

souvenir de leur parenté et des bonlés qu'il avait eues pour Julien orphelin, dans sa jeunesse, lui enjoignait solennellement de se contenter du litre de César, un violent murmure s'éleva : «Julien, cria la foule, vous êtes Auguste. Qu'il en soit comme l'ont voulu les provinces, les soldats et l'autorité de la république, 5 peine sauvée des incursions des Barbares. — Vous le voyez, dit Julien à Léonas; ce n'est pas moi qui refuse d'obéir.» 11 chargea alors Léonas lui-même de porter sa réponse. Fidèle aux conditions qu'il avait proposées, il acceptait le nouveau préfet du prétoire, Nébridius, et refusait sn sanction à tous les autres choix. Puis, sans qu'il s'écartât encore des égards officiels , l'amertume de son langage

s'accrut cependant d'un degré. Répondant aux reproches d'ingratitude : « Je conviens, disait-il , que quand Constance est monté sur le trône j'étais orphelin , et il en doit savoir quelque chose »

La guerre était au bout d'un pareil langage ; mais elle n'était pas déclarée, et, avec les embarras qui gênaient l'action de Constance, elle pouvait tarder plus d'un jour. Il ne convenait 5 Julien, ni d'en prendre l'initiative, ni de paraître trop s'en préoccuper. La saison, quoique déjà avancée, était encore belle ; pour tenir ses troupesen haleine, il les conduisit de l'autre côté du Rhin à une petite expédition contre les Francs ÀMuariens, si facile qu'elle ne fut qu'un jeu. Puis il revint, comme en

i. Amm. Marc, xx> 9. — Liban., Or. 10, p. 280. — Zon., xi», 10.

triomphe, remontant le fleuve et visitant toutes les frontières jusqu'à Bàlc. De là, par Besançon, il se rendit à Vienne sur le Rhône, où il comptait séjourner l'hiver. IJ y fit célébrer des jeux publics, où il parut pour In première fois ceint d'un diadème impérial tout chargé de pierreries. C'était une première étape vers l'Orient. On était à la fin de novembre, et presque au même moment Constance , après quelques faits d'armes insignifiants, qui ne changeaient rien à la situation réelle des armées perses et romaines, rétrogradait, en versant lâchement des larmes sur ses villes ruinées et ses provinces abandonnées, et rentrait à Antioche pour y passer aussi la mauvaise saison *.

Pendant que les deux souverains du monde demeuraient ainsi s'observant l'un l'autre, aux deux bouts do leur empire, un même malheur domestique les frappa et compléta l'exacte parité de leurs situations, en même temps qu'il creusait plus profondément l'abîme qui les séparait. Hélène acheva en Gaule sa triste vie. Son mari la pleura si peu , que ses ennemis , plus tard , purent l'accuser de l'avoir empoisonnée. Il fit pourtant porter avec honneur sa dépouille morlelle au sépulcre de la famille Flavienne, à Rome, surlavoicNomentanc. Mais un deuil plus sensible fut la mort de l'aimable Eusébie, qui s'éteignit à la fleur de l'âge. Elle échappait, par une fin prématurée, à la douleur de voir aux

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