‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 189 sur 297 · Postlimiuio reduxisti · texte numérisé non relu

Postlimiuio reduxisti

122 IULIEN AUGUSTE*

Qui est-ce qui osait regarder le lever du soleil et son coucher? Les laboureurs eux-mêmes, qui doivent régler leurs travaux d'après les mouvements des constellations, n'osaient interroger les saisons. Les nautoniers, dont les astres dirigent la course, n'osaient prononcer leurs noms. On vivait sur terre et sur mer, non plus en étudiant les ordres du ciel, mais au hasard et à l'aventure !. » Et puis cette effusion se perd dans la joie naïve et même un peu niaise d'une grandeur inespérée. « Ta m'as dit, empereur : Salut, ô très-honorable consul {ave, consul amplissimé). Oh! oui, mon bonheur est assuré et durera toujours {aveo plane et avebo) . L'événement ne saurait être douteux, quand celui qui me souhaite le salut est celui qui méYa procuré. Consul très-honorable : oui, je suis consul, et consul très-honorable. Qui a été plus que moi honorable consul? Le consulat, tu me le donnes ; l'honneur, tu me l'accordes. . . En vérité, Lucius Brutus, Publius Valérius, les premiers qui après l'expulsion des rois ont exercé sur leurs concitoyens un pouvoir annuel, n'ont point eu un consulat préférable au mien. Leur magistrature fut utile au salut général, à la république romaine, et inaugura les plus grands biens... mais chacun a ses avantages propres. Eux ont été faits consuls par le peuple, et nous par Julien. Avec eux la liberté naquit; avec nous elle renaît2. » La conclusion, assurément, est inattendue et piquante.

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