‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 202 sur 297 · Soz. — S. Grég. Naz — Théo»!., loc. cit · texte numérisé non relu

Soz. — S. Grég. Naz — Théo»!., loc. cit

supplice fut retardé de quelques instants , parce que le plus âgé des soldats insistait vivement pour être frappé le premier, voulant donner l'exemple aux plus jeunes. Tout était réglé cependant, et le bourreau tirait son épée, quand une ordonnance de l'empereur arriva en toute hâte, commuant la peine capitale en un exil éloigné*.

La réflexion avait tempéré la colère de Julien , et il rentrait à temps dans la voie de la modération. Mais l'excitation avait été déjà telle qu'elle fit oublier la douceur de sa conduite précédente, et qu'on lui sut à peine gré de son pardon. Les condamnés eux-mêmes se plaignaient tout haut qu'on leur eût ravi la palme du martyre. Ce fut la première étincelle d'un feu qui ne devait plus s'éteindre, et les dispositions des chefs chrétiens de l'armée devinrent dès lors si suspectes à Julien, qu'il prit le parti de se priver de leurs services et de les éloigner presque tous de sa cour. Les plus illustres , Jovien, Valenlinien, furent ainsi relégués dans des provinces lointaines. Le çrime de Valentinien était, dit-on, d'avoir secoué sa tunique avec dégoût sous les yeux de l'empereur, un jour qu'étant de service au palais il avait reçu par mégarde une aspersion d'eau lustrale2.

Les nouvelles qui arrivaient des provinces furent bientôt de nature à exciter plutôt qu'à calmer cette exaltation naissante des esprits. Rien n'avait semblé à

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