Voir la première partie de cette Histoire, t. i, p
au service de l'autel. On s'empara du diacre et des saintes ûlles,et, après les avoir exposés plusieurs heures durant à tous les outrages, on leur enleva la vie par d'affreux supplices. Saint Grégoire de Nazianze et la Chronique alexandrins ajoutent que l'horreur fut poussée plus loin encore, et que des malheureux, ouvrant de leur propre main les entrailles du diacre, en tirèrent son foie, dont ils firent un affreux repas. La justice divine ne leur fit pas attendre leur châtiment : leur sang fut vicié par cette exécrable nourriture , et un virus circula dans leurs veines comme un poison lent qui, successivement, leur ôta la vue, les dents, l'usage de tous les sens et de la parole. Ils se promenaient dans les rues d'Héliopolis, comme un témoignage vivant du crime et de sa vengeance 1 .
Ces excès de tout genre nous sont attestés non-seule- , ment par le récit des chrétiens qui les avaient soufferts, mais parles efforts mêmes que faisaient des païens plus humains et plus sensés pour en arrêter le cours. La correspondance de Libanius contient à ce sujet les aveux les plus clairs. Libanius, était un homme d'une humeur aimable et douce, malgré quelques petits travers, et qui, lorsqu'une fois sa vanité était satisfaite, ne cherchait plus qu'à vivre en paix avec tout le monde. Il avait d'abord applaudi avec une joie puérile aux belles cérémonies de la restauration des temples. La statue de
i. S. Grég. N&z., Or. iv, 86, 87 — Ckron. Aies., p.687.— Théod., iv, a*.
Diane, toute d'argent, aussi bien que la biche qui suivait ses pas, les longues files de prêtres,les repas somptueux, les chants des jeunes filles, tout cet appareil ravissait son imagination et fournissait matière à sa rhétorique1. Mais quand d'autres scènes moins pacifiques vinrent troubler les populations et ensanglanter les rues des villes, quand il vit exproprier, spolier, puis massacrer des gens avec qui il était souvent en bons rapports de confraternité littéraire, l'honnête rhéteur s'émut et s'interposa avec plus de bonne volonté que de succès, ce Vous savez, écrivait-il à Hésychius, prêtre païen d'Antioche, qui voulait faire raser la maison d'un chrétien, construite sur remplacement d'un ancien temple, que je ne désire pas moins que vous que les temples des Dieux recouvrent tout leur éclat. Mais je ne vois pas qu'il soit nécessaire» - pour les faire sortir de leurs ruines, de détruire d'autres bâtiments, et de déparer d'une main les mêmes villes que nous ornons de l'autre. Assurément il est facile de faire tomber la maison de Théodule, mais il me semble qu'il vaudrait mieux l'épargner; car elle est belle, vaste, et fait honneur à notre cité. De plus Théodule ne s'est point emparé de ce lieu saint par arrogance et par emportement : il l'a trouvé à vendre, il l'a acheté : tout le monde pouvait en faire autant* ». <c Montrez, dit-il ailleurs, ô mon cher Bacchius, votre zèle pour les choses sacrées, en multipliant les sacrifices, en accomplissant avec exac-