‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 227 sur 297 · Jul., Or. 5, p · texte numérisé non relu

Jul., Or. 5, p

réintégrer des collègues injustement favorisés; c'étaient des accusations réciproques de conspiration et de lèsemajesté. Julien prêta à toutes les plaintes une oreille attentive, examina toutes les questions avec soin et les résolut avec impartialité. S'il ne réussit pas, au dire d'Àmmien, à connaître toujours la vérité et à rendre toujours justice, il réprima au moins les délations, et n'écouta point les suggestions d'un zèle flatteur qui le poussait à venger, comme de graves injures, de simples inconvenances et des violations d'étiquette. Il s'irritait même très-vivement contre les délateurs, et quittait parfois le rôle de juge, pour discuter trèsaigrement contre eux et les railler avec esprit. Un de ces dénonciateurs ne cessait d'accuser son voisin de s'être fait faire, sans avoir le droit de le porter, un vêtement de pourpre. Ennuyé de cette réclamation qui revenait à plusieurs reprises : « Eh bien, dit Julien à cet importun conteur, il portera non-seulement une robe, mais même des chaussures de pourpre, et c'est vous qui les lui procurerez. Apprenez par là ce que valent des chiffons d'étoffe1. »

Cette modération philosophique ne se démentait que lorsque, par hasard, une question s'élevait qui touchait à la religion. Déjà, plusieurs fois, on avait remarqué qu'il interrompait son interrogatoire pour demander brusquement aux accusés et aux plaideurs de

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