I. Amm. Marc., xxii, 14. — ThôodL, m
l'image de Yénus remplacerait partout celle de Jésus- Christ. Un amphithéâtre allait être construit à Jérusalem avec les pierres préparées pour la reconstruction du temple , et tous les évèques, tous les moines, tous les saints fidèles de la contrée y seraient livrés pux bètes dans des jeux auxquels, par exception, l'empereur se proposait cette fois d'assister. Toutes ces rumeurs répandues dans la foule étaient accueillies avec une entière créance : « Nous étions, dit saint Grégoire, comme des victimes vouées aux démons, et l'héritage de Dieu, le sacerdoce royal, était réservé pour être le prix d'une victoire. » Les lamentations, les prières, ne cessaient pas dans les églises, ni les jeûnes dans les familles chrétiennes. Au fond des solitudes , tous les anachorètes offraient le saint sacrifice pour la délivrance de la foi; les femmes visitaient les tombeaux des martyrs et les chargeaient d'offrandes . C'était de toutes parts une attente pleine d'angoisse; de quelque côté qu'on regardât, le oiel était sombre, car l'avenir ne pouvait apporter que la défaite de la patrie ou la ruine de la foi 4 .
Les préparatifs de Julien, auxquels il* travaillait depuis une année déjà, étaient immenses. Il avait réuni soixantecinq mille hommes, quoiqu'il n'eût pas voulu accepter les offres d'alliance des nations tributaires et voisines. « Rome, avait-il répondu avec hauteur, n'a besoin du secours de personne, et tout le monde a besoin du sien. »
1. Soi., v, 18. — Tliéod., m, 21. — P. Orose, vu, 30. — S. Gré* Nai., Or. iv, 96; Y, 2«. *1.
Bien plus, par un acte d'un héroïsme presque imprudent, il choisit ce moment même pour retirer aux tribus nomades de Sarrasins qui peuplaient le sud de la Mésopotamie, un subside que, de temps immémorial, on leur payait en échange du concours qu'ils prêtaient contre les attaques des Perses. H n'y eut donc d'auxiliaires sous les drapeaux que quelques escadrons de Scythes et de Goths , incorporés depuis longtemps dans l'armée romaine \ Le roi d'Arménie, Arsace , fut aussi requis de mettre toutes ses troupes sur pied, sauf à attendre les ordres qu'on lui epverrait. Arsace était chrétien comme l'avait été son père; il fallait s'assurer de son concours et se mettre en garde contre sa défection, mais il n'était ni nécessaire ni prudent de lui envoyer, comme fit Juliqn, des instructions impérieuses rédigées sur un ton très-hautain et accompagnées d'une lettre menaçante, où la foi chrétienne, d'une part, et de l'autre, la mémoire de Constantin et de Constance, protecteurs de l'Arménie, étaient très-injurieusement traitées *.