I. JuL, ioc. cit
ce cheval, disait le palefrenier, s'appelle Babylonius. — Victoire! s'écriait l'empereur : c'est Babylone qui est tombée, et qui est dépouillée de ses ornements ! » Pour deux jours, il reprenait le front serein et l'humeur bienveillante. Autour de lui c'étaient mômes agitations : mille rumeurs parcouraient les rangs de l'armée. S'il restait un peu plus longtemps que de coutume enfermé au sacrifice du malin, c'est qu'il avait vu dans les entrailles des victimes l'annonce de sa mort prochaine, et on désignait déjà le général à qui il avait fait don de la pourpre. Puis les chrétiens disaient tout bas qu'en sortant il avait fait mettre le temple sous le scellé, parce qu'il ne voulait pas qu'on y vit les restes des victimes humaines dans les entrailles desquelles il cherchait à lire l'avenir1.
On avançait cependant à petites journées, et l'Euphrate fut passé sur un pont de bateaux, le 13 de mars s. Comme le plan de l'empereur n'était pas encore public, on s'imaginait généralement qu'il allait suivre la route ordinaire, et les habitants d'Édesse s'apprêtèrent, non sans crainte, à recevoir sa visite. Ils avaient encore dans la mémoire le souvenir des paroles dures qu'il leur avait fait dire par l'intermédiaire du sophiste Hécébole. Leurs sentiments d'ailleurs étaient très-par tagés. Peu de villes étaient plus attachées qu'Édesse à la foi chrétienne : elle se vantait d'être la cité le plus anciennement convertie d'Orient, et conservait avec soin une