‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 265 sur 297 · Secundum homericam dispositionem · texte numérisé non relu

Secundum homericam dispositionem

3. Amm. Marc. — Zos. — Liban., loc. cit. — Ce dernier auteur, avec ses exagérations accoutumées, dit que les Romains n'avaient perdu que 75 hommes, et les Perses 2,500. Après ta heures de combat, la perte des Romains serait faible.

était préparé, formé de dix taureaux du plus beau choii, qui devaient être tous immolés successivement. La cérémonie commença au milieu de l'allégresse universelle. Mais, 6 surprise ! tous les présages furent défavorables. Les neuf premiers taureaux , arrivant la lêle basse et l'air tout abattu, 9e couchèrent d'eux-mêmes devant l'autel; le dixième se débattit et rompit ses liens, puis, quand on l'eut assujetti et frappé, ses entrailles offrirent le plus sinistre aspect. Pour le coup, Julien, qui ne s'attendait à rien moins, s'emporta contre des Dieux, qui se montraient, au moment décisif, de si importuns troublefête. 11 attesta Jupiter que, puisque Mars était si difficile, il ne lui offrirait plus de sa vie aucun sacrifice1.

En réfléchissant pourtant, pendant la nuit et les jours qui suivirent, au parti qui lui restait à prendre, Julien put se convaincre, sinon s'avouera lui-même, que Mars avait bien quelque sujet d'être inquiet. Sou* les plus brillantes apparences, la situation de l'armée romaine était au fond très-critique et d'un extrême péril. Tant d'efforts et de victoires n'avaient réussi qu'à l'amener à deux cents lieues de l'empire, sans qu'on eût ménagé sur ses derrières aucune communication régulière, ni gardé aucune place de sûreté, ni assuré aucune ligne pour la retraite. Depuis plus d'un mois , aucun courrier d'Antioche n'était arrivé, la route qu'on venait de suivre à ^vers le désert n'étant ni frayée ni connue

t. Amm. Marc., xxiv, 6, in fine.

des postes romaines. Et, pour empêcher qu'on ne s'inquiétât trop de ce silence» Julien en était réduit à faire croire à son armée que des communications secrètes des Dieux suppléaient aux nouvelles qu'il ne recevait pas4. Tout avait été combiné, conduit, sacrifié pour opérer rapidement un grand coup de main sur Ctésiphon ; le jour était donc venu de le frapper, mais était-il possible? C'est, à l'épreuve, ce qui devint douteux.

Quelque grand, en effet, que fût le triomphe remporté la veille, il était clair qu'on if avait pas eu en tête la principale armée des Perses, et la meilleure preuve, c'est que Sapor ne la commandait pas. Il n'était pas même dans Ctesiphon. Un souverain si renommé, si courageux, si habile, n'abandonnait pas sa capitale sans quelque secret dessein. Il fallait donc croire, et les captifs comme les espion- continuèrent bientôt celte supposition, qu'il s'était retiré dans quelque partie reculée de son empire, pour y rassembler le gros de ses forces, appeler à son aide tous les petits souverains de la haute Asie, et fondre ensuite sur l'armée romaine lorsqu'elle serait épuisée par les fatigues, réduite par les combats, et parfaitement isolée en pays ennemi. Le succès d'une telle manœuvre dépendait essentiellement de la durée de la résistance de Ctésiphon. Mais la ville était grande, forte; ses communications restaient ouvertes du coté du midi par le Tigre ; elle était soutenue

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