Amm. Marc, sxv, i, 2. — ZosM m
naissent tous ceux qui ont souffert. Un matin, il Gt appeler en toule hâte les aruspices et leur raconta ce qui suit : Pendant qu'il était couché à terre, suivant son usage, et plongé dans la lecture d'un livre de philosophie, à l'heure des plus profondes ténèbres, il avait vu entrer sous sa tente le génie de l'empire, portant les mêmes traits sous lesquels il lui était déjà apparu , à Lutèce, la veille du jour où il fut fait auguste, mais cette fois pâles et défigurés. La vision passa devant lui, sans dire mot , en couvrant de son voile sa tête et sa corne d'abondance. Il s'était levé brusquement pour la suivre; puis, n'y pouvant réussir, il s'était précipité hors de sa tente pour aller offrir un sacrifice aux Dieux ; mais, à ce moment, il avait aperçu dans le ciel une lueur brillante qui traversa l'air et s'évanouit. Les aruspices connaissaient probablement Plutarque, et, s'ils avaient pris soin de la raison défaillante de leur empereur, ils l'eussent engagé à songer moins souvent à Brutus veillant dans les champs de Philippes. Mais ils consultèrent gravement leurs livres, et lui firent voir, dans un ouvrage d'un célèbre augure , Terquitius, sur les choses divines, qu'on ne devait jamais engager de combat quand on avait vu un brandon céleste. Le conseil était plus facile à donner qu'à suivre, entre un ennemi pressant et une armée affamée !.
Aussi la dévotion céda à la nécessité, et ce-jour là, en