‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 278 sur 297 · Zos., llî, 34. — Liban., Or. 9, p. 2o9 ; 10, p · texte numérisé non relu

Zos., llî, 34. — Liban., Or. 9, p. 2o9 ; 10, p

43G LE ItKTOUR DE l'aRMEK.

restait un Dieu qui leur montrait une espérance au delà de ce monde : un homme l'avait osé braver; cet homme périssait. Si le malheur de l'État faisait couler des larmes, elles étaient séchées bientôt par la sombre joie de voir éclater la justice de Dieu.

Àntioche, qui soupirait sous le joug très-dur du préfet Alexandre, et qui s'attendait à être plus sévèrement châtiée encore par le souverain qu'elle avait insulté, se livra surtout à des transports sans mesure. On illumina, on fit des festins et des fêtes, publiques. Étrange inconséquence de la frivolité humaine! Pour célébrer le triomphe de l'Église on brava ses anathèmes. Jamais te théâtres ne furent plus pleins, ni les représcnlaliu;> plus splendides. Et c étaient ces lieux profanes et maudits qu'on choisissait pour y faire entendre ces cris: « Victoire à Dieu et 5 Jésus-Christ! Sophistes insensés Maxime et Priscus, où sont vos oracles '?» Les paîei>, grands adorateurs de la fortune, étaient consterna Saint Jérôme raconte qu'il assista, encore tout enfni t, dans la ville où il étudiait , à l'arrivée de la nouvel!: Les païens étaient nombreux, à ce qu'il parait, danse t endroit, car on sacrifiait de tous les côtés. A l'instant les temples furent déserts et les sacriûces arrêtés , et il entendit un païen qui disait en riant : « Pourquoi k> chrétiens disent-ils que leur Dieu est patient? Il ne penl pas un jour pour se venger. » L'église chrétienne, au contraire, se remplit, et Ton y récita sur un ton grave le

i. Théod., m, 28.

chapitre m du prophète Habacuc , où se trouvent ces versets : « Dieu est sorti de Théraen ; le saint est venu des sommets du Pharan... La mort ira devant sa face; le vent brûlant du désert marchera devant lui... Tu as brisé le faite de la maison de l'impie; pour lui tu as mis à nu le fond de l'abîme » Dans un petit nombre de villes seulement, les habitudes de servilité officielle persistèrent, et Julien prit rang parmi les Dieux à côté de Constantin f .

Aux nouvelles véritables , déjà par elles-mêmes assez saisissantes, se joignaient toutes les rumeurs populaires qui en venaient grossir encore l'impression. La mort de Julien, la fin la plus naturelle cependant qui pût frapper un général faisant son devoir à la tête de son armée, était racontée de cent manières différentes, suivant les passions et les préjugés de chacun. Quelques chrétiens, peu satisfaits de voir le bras de la Providence guidant du haut du ciel le trait qui avait frappé l'apostat, voulaient à toute force que ce fût proprement un ange qui fût descendu exprès pour le percer sous sa tente pendant qu'il dormait. Les païens, en revanche, accusaient très-haut les chrétiens de l'armée d'avoir payé un assassin pour viser l'empereur par derrière \

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