Amm. Marc., toc. cit
2. A. D. 36*. — Iudictio. vu. — U. C. 1117. — Jovianus et Vaironianus. Coss.
le petit consul prit peur, se mit à crier, et il n'y eut pas moyen de l'y faire rester 4.
Malgré tous ces incidents, les uns tristes et les autres ridicules, l'orateur député parla ville de Constantinople, et qui ne pouvait être autre que Thémistius, n'en fit pas moins le discours obligé pour célébrer le héros du jour et l'heureuse circonstance. Cette formalité , d'ordinaire * fastidieuse, présentait ce jour-là un intérêt plus piquant. Il était singulier de voir un maître et un ami de Julien se réjouir sur sa tombe de l'avènement du successeur qui détruisait toute son œuvre; et probablement les auditeurs étaient curieux de savoir comment Thémistius se tirerait de la difficulté. Mais les ressources oratoires d'un bon rhéteur n'étaient jamais en défaut, et, au sein des plus grandes douleurs, il trouvait, dans la contemplation de sa propre éloquence, d'ineffables consolations. Thémistius, qui, peu de mois auparavant, avait fait l'oraison funèbre du héros mort (morceau que, par prudence sans doute, il ne nous a pas conservé) , fit sans sourciller ce jour-là l'éloge de l'ami d'Athanase. Joviense trouva d'emblée devenu, comme Constance et Julien, le protecteur des lettres et l'espoir de la philosophie. Il eut en outre celte gloire « sans égale d'avoir été élu dans les camps, dans la chaleur même de la
i 1. Amm. Marc., loc. cit. — Thém., Or. v, p. 71. Devant le témoii gnage de ces deux assistants, il n'y a pas moyen d'admettre le récit de j Zouare, qui dit que l'impératrice ne vit jamais son époux depuis qu'il
avait été porté au trône, et qu'elle venait à sa rencontre quand elle
apprit sa mort.
486 LE RETOUR DE l'ARVÉE.
guerre, entre les piques et les glaives. « Il fat » ce plus digne auquel Alexandre mourant avait laissé l'héritage de sa vertu aussi bien que de sa puissance. » Tout cela, à la rigueur, pouvait encore 8e supporter, mais quand l'orateur en vint à féliciter le nouvel empereur d avoir fait reculer les Perses et conservé l'intégrité de l'empire, Jovien, qui était modeste et se faisait peu d'illusion s, dut trouver que l'exagération de la rhétorique allait pourtant trop loin *.
Il méritait mieux l'éloge suivant, et Thémistius, en le prononçant, eut sans doute un accent plus vrai de reconnaissance et d'admiration.
<* La première marque que vous ayez donnée aux hommes, lui dit-il, du soin que vous voulez prendre d'eux, c\est la loi que vous avez faite sur les choses religieuses, et c'est là que mon discours avait hâte d'arriver. Seul, en effet, vous paraissez a voir compris qu'un souverain ne peut tout imposer à ses sujets, qu'il est des choses qui échappent à toute contrainte et demeurent audessus de toute menace et de tout commandement. C'est le cas de toutes les vertus, et principalement de la piété envers la divinité. Vous avez pensé qu'il faut laisser sur ces choses excellentes l'âme de chacun libre, souveraine, et maîtresse de suivre le mouvement qui lui convient. C'est une sage pensée. Car s'il ne vous est pas possible à vous-même, empereur, de pénétrer de bons sentiments