‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 291 sur 297 · Amm. Marc., — Philost., — Soz., loc. cit · texte numérisé non relu

Amm. Marc., — Philost., — Soz., loc. cit

Ce fut donc sur son frère que, par un calcul où l'égoîsme avait plus de pari que l'affection, Valentinien jeta les yeux. 11 n'osa pourtant pas déclarer sur-le-champ son intention. La première fois que, dans son conseil, délibérant sur le choix à faire, il nomma timidement Valens (c'était le nom de cet obscur personnage), Dagalaïphus, à qui la part récente qu'il avait prise à l'élection donnait encore l'assurance de parler librement : « Très-excellent prince, ditil, si c'est le bien de votre famille que vous voulez, prenez votre frère. Si vous songez à la république, cherchez ailleurs. » Valentinien se lut, laissa tomber la discussion et contint son ressentiment. Mais, quelques jours après, quand il crut avoir pris solidement racine au pouvoir et qu'il vit l'obéissance suffisamment établie autour de lui, il fit connaître hautement sa volonté, sons prendre la peine de consulter personne. Le 28 mars, au moment d'entrer dans le faubourg de Constantinople (qu'on nommait Hebdomus1, parce qu'il élail encore à sept milles de la ville), il envoya chercher son frère, le produisit devant l'armée, puis le fit monter dans un char avec les insignes impériaux, le nouvel élu témoignant par son altitude humble et ses yeux baissés qu'il se considérait comme un suivant plutôt que comme un collègue 3.

Personne ne réclama, et dès le lendemain, Thémistius

1. Voir sur le faubourg de Constantinople, nommé Hebdomus, la grande note de Valois sur ce passage même d'Ammien MarceUin.

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