A mm. Marc., xxvi, 4. — Zos., iv
LE RETOUR DE l'àRMÈE. 497
était à l'œuvre pour comprendre les deux frères dans un même panégyrique. Jamais les rapides évolutions de la politique n'avaient imposé tant d'ouvrage à la rhétorique. Mais cette fois la matière était belle et semblait puisée dans les lieux communs du métier. Le discours deThémistius intitulé : Aux deux frères qui s'aiment, eut pour sujet le mérite de l'amour fraternel, dont le trône donnait ce jour-là la parfaite image. Entre l'empereur que l'amour a créé et celui que les soldats ont fait, l'orateur a peine à choisir. «c Il est si beau de devoir la couronne au suffrage de ses concitoyens, mais si touchant aussi de la devoir à la tendresse d'un frère. Il est si généreux de faire part de la moitié de la puissance, et si courageux d'accepter la moitié de la responsabilité. 0 Jupiter, conserve pour la république ce char attelé de deux nobles coursiers »
Il fallait procéder au partage de l'empire. Valentinien, jusqu'ici commandant toujours, comme s'il était seul maître, se réserva hardiment le lot le plus périlleux ; il choisit rOccident et se disposa à partir pour les bords du Rhin, se flattant d'effacer les exploits de Julien, dont il emmenait avec lui les meilleurs officiers. Il laissa à Valens, avec les serviteurs de Constance, le soin de gouverner les provinces d'Orient, dont le repos semblait assuré pour longtemps aux dépens de l'honneur de Rome. Mais, pour l'éclat comme pour la sécurité des deux