I. /<£., Catech. xiu, 40, U
L'autorité impériale, d'ailleurs, n'était que trop pressée de venir en aide à ce progrès non encore ralenti de la foi chrétienne. Elle faisait payercher sa protection à l'Église, mais elle la lui accordait fidèlement. Pendant que ses soldats et ses préfets,chassaient de leurs sièges les prélats orthodoxes et intronisaient des évôques de leurchoix, par une réciprocité qui servait à peine de compensation à tant de maux, les conseillers chrétiens des empereurs continuaient à faire passer dans les lois les principes généraux de leur religion, et à creuser pour ainsi dire chaque jour plus profondément la place du clergé parmi les pouvoirs politiques. Après la mort de Constantin, il est vrai, il se fait comme un silence dans le recueil de lois de cette époque. On ne les voit plusse succéder si rapidement : elles ne traitent plus de sujets si nombreux et si variés; leur rédaction ne porte plus l'empreinte d'une conviction animée, personnelle, éloquente, mais on voit pourtant le législateur s'avancer bien que plus lentement, dans la même voie. Adoucissement des lois civiles cl pénales; simplifications des rapports de la famille chrétienne; sévérité jusque-là incon- , nue de la loi pour des vices que l'antiquité païenne cou- , vraitdeson indulgence; protection intelligente étendue sur les classes souffrantes de la société ; tous ces traits, qui ont distingué l'activité législative du premier empereur chrétien, continuent à se faire remarquer dans les actes plus rares et moins systématiques de ses successeurs. C'est ainsi que, pendant ces années et celles qui les sui-
vent de plus près, on voit se compléter les règles déjà posées pour la succession des mères aux biens de leurs enfants 4 ; et s'introduire dans les prescriptions relatives au mariage quelques-uns des empêchements que suggérait seule, jusqu'alors, la pureté de la loi chrétienne1. Sous l'empire des mômes influences novatrices, disparaissent les derniers vesliges du vieux droit quirilaire. Un édit porté en 342 sous le consulat des deux flls de Constantin est conçu en ces termes : « Que les formules de l'ancien droit, ces syllabes captieuses qui sont îles pièges pour la bonne foi, disparaissent complètement de tous les actes3. » Une disposition de l'année 340 qui interdit par une juste prudence le mélange des sexes dans les prisons4; une autre qui protège la pudeur dos vierges chrétiennes contre les trafiquants de prosti- \uY\on*-, une autre de 336 qui arrête l'abus des longues détentions préventives, en ordonnant d'interroger les accusés dans le mois qui suit leur détention c, portent Je même caractère. On peut rattacher aussi au même ordre d'idées une tentative, trop promptement abandonnée, d'arrêter l'avidité du fisc en limitant à deux crimes seulement la confiscation des biens des
1. Col.Thcod., vm, t. 18, 1. 4, 5. — Voir Éclaircissement D, l-:»jmirre partie de cette histoire, roi. h, p. 443. — Cod. Jus t., vi, 8, 5, c et 2. — Ces lois sont des années 339, 349, 354.