‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 8 sur 297 · S. Àthan., Vit Ant.f p · texte numérisé non relu

S. Àthan., Vit Ant.f p

*. Il j a ici une difficulté de chronologie , qui n'est que le comment

Sa présence dans la capitale de l'Occident excita

nn vif mouvement de curiosité. Sa réputation, ses

malheurs, son courage, tout le désignait à l'attention publique. D'illustres patriciens, de grandes dames, se

pressaient autour de lui pour l'entendre. Il nomme

cenent d'une série d'autres pareilles, et dont il est impossible de sortir autrement que par uue conjecture. 11 s'agit de déterminer la date du voyage d'Athanase à Rome.

La chronique mise à la tète des lettres pascales fait partir Athanase d'Alexandrie pour Rome des les fêtes de Pâques de 339, et elle ajoute que ce départ eut lieu à la suite de l'invasion faite dans son diocèse par l'évéque intrus Grégoire, qui força Atbanase à fuir; en effet, à partir de cette date jusqu'à la mort de cet évèque iutrus, les lettres pascales sont, ou interrompues, ou datées de Rome {Epist. Fest. Chron.) p. 15).

Athanase raconte aussi dans ses écrits, qu'il quitta Alexandrie après cette invasion violente de Grégoire.

Mais, d'autre part, il résulte très-clairement de la lettre du pape Jules aux Eusébiens, que Grégoire -fut envoyé à Alexandrie après le concile tenu par les Eusébiens à Antiocbe (S. Athan., Apol.% p. 748) ; et ce concile, dont Athanase nous donne la date précise, ne peut s'être tenvrqu en 341 (S. Athan., de Syn., p. 834).

Dès lors, de deux choses l'une : ou la chronique pascale sê trompe en rapportant le départ d'Athanase en 339, ou le pape Jules se trompe en rapportant à l'envoi du concile d'Antioche l'invasion violente de Grégoire à Alexandrie.

AT Hefele (Cofteilien-Geschickte, 1. 1, p. 473), le seul écrivain qui ait tenu compte de la chronologie des letties pascales, résout cette contradiction en supposant qu'il y eut vers le commencement de 339 un concile spécial des Eusébiens à Antioche, différent de celui de 341, et uniquement rassemblé pour envoyer Grégoire.

Nous avons préféré, pour notre part, former une autre supposition, à savoir qu'il y eut, non pas deux conciles d'Antioche, mais deux départs d'Athanase, le premier volontaire, en 339, pour se conformer à l'invitation du pape Jules, suivi d'un retour à Alexandrie vers le commencement de 341 ; le second départ au contraire fut contraint et eut le caractère d'une fuite, à la suite de l'invasion de Grégoire.

Plusieurs raisons nous déterminent à adopter cette conjecture, qui avait déjà été mise en avant par Tillemont et Hermant.

Le retour d'Athanase à Alexandrie datant tout au plus du milieu de

lui-même, parmi ses hôtes de prédilection, la princesse Eulropie, sœur de Constantin, les sénaleurs Abutère et Spérance *. Il avait d'ailleurs amené avec lui des compagnons de voyage, dont le costume, l'attitude, les usages singuliers, éveillaient un autre genre d'intérêt.

338, puisque c'est à cette époque qu'eut lieu la réunion des princes à Sirmiura, il nous parait impossible d'admettre que , dès le printemps qui suivit cette entrevue, Constance ait manqué à tous ses engagements envers ses frères en permettant une invasion violente d'Alexandrie. Les motifs qui avaient déterminé l'arrangement entre les trois frères subsistaient évidemment encore, et ne peuvent avoir cédé qu'au temps et à la mort de Constantin le jeune, le plus intéressé des trois princes au maintien d'Athanase. Nous tenons donc que sur ce point la chronologie des lettres pascales est dans Terreur, et qu'il faut mettre l'invasion de Grégoire à la suite du concile d'Antioche, comme cela résulte d'ailleurs, jusqu'à l'évidence, de la lettre citée du pape Jules.

Mais il serait également impossible de renvoyer le séjour d'Athanase à Rome jusqu'à cette époque, sans bouleverser toute la suite des faits postérieurs. Athauasc dit en effet lui-même qu'il s'écoula dix-huit mois entre son arrivée à Rome ( S. Athan., ApoL, p. 748 ) et le concile tenu dans ceUe ville par Jules. En ajournant son arrivée au milieu de l'année 341, on serait obligé de mettre le concile de Rome en 343, ce qui est contredit par toute la suite des faits.

C'est cette raison qui avait déjà décidé Tillemontet Hermant àsupposer deux voyages d'Athanase à Rome, et cette supposition reçoit une grande confirmation de la chronologie nouvellement découverte des lettres pascales. Car si nous n'admettons pas l'assertion de cette chronologie, en ce qui touche la date de l'invasion de Grégoire, il n'en résulte pas moins que la série des lettres pascales est interrompue à partir de 339, ce qui indique qu'Athauase cessa, à partir de cette époque, de résider habituellement à Alexandrie. Ses deux départs, séparés par un court séjour, se seront confondus dans la mémoire du chronologiste.

Conf. sur les difficultés chronologiques de cette époque, Wetzer ; Rcstitutio verœ chronologies rerittn ex controversiis ananis ôx-ortamm, p. 17 et suiv. — Voir aussi Revue des questions historiques, vier 18G7, une dissertation du bénédictin Dom Chenard sur Maximin de Trêves, qui admet comme véritable la date de 339 donnée par le» lettres pascales à l'envoi de l'usurpateur Grégoire.

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