‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 103 sur 321 · Amiii. M.iir.jXV, 7, — Zo>.. m · texte numérisé non relu

Amiii. M.iir.jXV, 7, — Zo>.. m

seule, sur qui Julien, dans sa courte entrevue, avait fait une impression favorable, et qui avait apprécié la distinction de son esprit et la dignité de ses manières, plaida vivement en sa faveur. Elle employa, pour décider Constance, un argument qui fait assez voir à quel point, avec la perspicacité féminine, elle avait pénétré les orgoeilleuses misères de cette âme : «c Julien est jeune, ■ni dit-elle : il a l'esprit simple; il ne s'est occupé jusqn'ici que d'études, et n'a aucune expérience des afftires; c'est Thomme qui vous couvient. De deux choses l'nne, en effet : ou bien il se servira heureusement de «puissance, et ses succès vous profileront; ou bien il fera quelque faute, et la paiera de sa vie : et vous n'aurez plus alors personne de votre famille qui puisse vous disputer l'empire. » Convaincu par ce raisonne- Dwnlqui lui ouvrait la perspective de se servir d'abord, pnis de se défaire de son neveu, Constance, sans annoncer pourlant tout à fait encore sa résolution, envoya ^ Julien on ordre de rappel * .

Ken qu'averti des grandeurs qu'on lui destinait, '"lien ne partit point sans un secret effroi. Les faveurs ^« Constance étaient presque aussi redoutables que sa ^'^rôce; mais la vue de l'empire faisait battre le ^"r d'un jeune ambitieux. « Vous savez, disait-il plus ^rd lui-même aux Athéniens, lorsque je Tus appelé h la cour, vous savez quelles larmes je répandis, quels

' 2os., m, 1. — Amm. Marc, iv, 7.

gëmisscmenls je Gs entendre. Levant les mains au ciel dans votre Acropole, je priai votre déesse Minerve de sauver son serviteur. Il y a encore parmi vous des témoins qui peuvent Tattesler, et la déesse elle-même le sait *. »

Il était attendu à Milan avec une vive curiosité par tout le monde ambitieux et Trivole qui remplissait le palais. Il se logea modestement dans un Taubourg de la ville. Eusébie lui envoya aussitôt des eunuques de son intimité pour lui porter ses compliments, et s informer s*il désirait quelque chose d'elle. « En réponse, dit-il encore lui-môme, je lui écrivis cette lettre : Que les Dieux voi^ doiment des enfants et des héritiers : Je vous en supplie, renvoyez-moi dans ma demeure. Mais, ajoute-t-il, à peine eus-je écrit, que je me demandai s'il était bien prudent d'envoyer au palais une lettre à l'épouse de l'empereur, et je priai les Dieux de me faire savoir si je devais l'expédier.... Et dans la nuit les Dieux m'envoyèrent cette pensée : Que vais-je faire? Je résiste aux Dieux, et je veux décider de mon sort avec plus de prudence qu'ils ne font eux-mêmes, eux qui savent toutes choses. C'est bien assez pour la sagesse humaine, de regarder ce qui est immédiatement sous ses yeux, et de ne point s'égarer dans le petit cercle des choses qui l'environnent... Eh quoi! Julien, tu t'irriterais si les choses que tu possèdes, ton cheval, ta brebis, ton bœuf; te refusaient le droit de te servir d'eux et

Page 1