Jul.,a</ Athen,, p, 505. — Liban., Or. 8, p. Î
s'enfuyaient quand tu les appelles : et toi, qui veux être un homme, et non un homme du commun, mais un homme Cdèle à ses devoirs, lu priverais les Dieux de la personne, el tu ne voudrais pas qu'ils fissent de loi l'usage qui leur convient! Esl-ce là servir les Dieux? Esl-ce là élre sage? Est-ce là êlre courageux? » Soit que ce conseil lui vint, comme il le dit, de l'inspiration divine, on de sa propre ambition, Julien se décida à le suivre, et sa lettre ne partit pas
Peu de jours après, sa nomination au rang de césar était décidée et publique; et on vint le chercher pour le conduire au palais. Avant de radmeltre, il fallut modifier sa toilette : on lui rasa sa grande barbe qu'il avait de nouveau laissé pousser, el on lui jeta sur les épaules manteau militaire. Il était fort gauche dans cet appareil inaccoutumé pour lui. La violence qu'il se faisait pour contenir son émotion en entrant de nouveau dans ce P^'aisoù il avait été captif, où siégeaient les meurtriers son père et d'où il allait sortir empereur, achevait ^embarrasser son attitude. Il s'avançait les yeux bais- ^» avec la tournure d'un étudiant, et très-gêné par Costume. Les courtisans, sur son passage, avaient P^"ïe à s'empêcher de rire ^.
^^tistance, qui aimait l'apparat et les occasions de faire IrlUer son talent oratoire, réunit toutes les troupes présentes à Milan, et, se plaçant sur un tribunal élevé
^^IjOd Atfien., p. 505, 506; Or. 3, p. 225 et 226. ^' ^fi. ad Athen., p. 504.
qu'entouraient des aigles et des drapeaux, il fit venir auprès de lui le nouveau césar, et le présenta aux troupes. Il prononça alors une harangue très-étudiée qui depuis a servi de matière à Téloquence académique d'Âmmien Marcellin. Il représenta les dangers de l'empire, ses désordres intérieurs, Faudace croissante des barbares, la convenance, pour y mettre un terme, de faire choix d'un associé de l'empire. Il nomma Julien, et parut s'arrêter un instant pour attendre l'approbation de l'armée. Un murmure favorable s'étant élevé, il prit la pourpre et en revêtit de sa main le jeune prince, dont le visage toujours contracté ne se déridait pas : «Frère très-aimé,lui dit-il, que votre jeune âge reçoive cette dignité, comme la fleur due à votre naissance. Ma gloire à moi-même s'en accroîtra, et je paraîtrai plus grand en partageant avec vous un pouvoir qui est dû h votre noblesse, (|ue par Téclat du pouvoir môme. Veneî vous associera mes travaux et h mes périls, et recevez la charge de protéger les Gaules... De grandes nécessités vous pressent : brave, mettez- vous à la tête des braves. Mon affection vous accompagnera : nous servirons ensemble, et ensuite, s'il plaît à ce Dieu que nous invoquons, nous ^:;ouvcrnerons le monde pacifié, dans les mêmes sentiments de piété et de modération »
La conclusion de ce discours fut accueillie par les soldats avec une grande faveur : tous frappaient leurs