‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 291 sur 321 · Liban., De vita sua, p. 45; Or. 8, p · texte numérisé non relu

Liban., De vita sua, p. 45; Or. 8, p

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par l'espoir d'un prochain secours. Julien n*avait an plus que quarante mille hommes» déjà fatigués par qm longue route; s'il ne craignait point d'échec, il pouvait craindre des lenteurs , et quelques jours perdus lAmvaient amener sur lui une de ces masses d'hommes indisciplinées, mais innombrables» portées par des bête gigantesques et marchant comme le débordement d'oa fleuve plutôt que comme Tinvasion d'une armée, tdks qu'en recélaient dans leurs profondeurs inconnues las flancs mystérieux de l'extrême Orient.

Pour foire foce à ce péril dont on ne pouvait sedisnmuler l'imminence et la gravité » Julien aurait eu besoin de voir arriver à point nommé les vingt ou trente mille hommes qu'il avait laissés en Mésopotamie, à la garde de Procope et de Sébastien» et qui avaient dû opérer leur jonction avec l'armée d'Arménie, n leur avait bien donné, en eOet» rendez- vous devant Ctésiphoo^aa cas très-improbable où ils ne rencontreraient pas d'obstacles sur leur roule : et peut-être s'élait-il flatté vaguement (le leur concours pendant la durée de TexpéditioD, pour écarter les craintes que sa raison lui suggérait, et caresser les illusions d'un projet favori. Mais commeot espérer sérieusement que vingt-cinq mille hommes » abandonnés à des généraux de second ordre» se fussent aventurés jusqu'à traverser seuls toute l'étendae de la province d'Assyrie , au milieu des diflicultés sans nombre du terrain et de la résistance des populations? En admettant même qu'ils eussent tenté ce prodige de

hardiesse» pouvaient-ils arriver à jour fixe? Avaient-ils pu mettre, à parcourir les deux côtés de cet immense polygone, seulement le temps qui avait à peine suffi à Julien pour suivre la diagonale? Un coup d'œil sur la carte suffit pour expliquer comment ils ne se trouvèrent pas au rendez-vous , sans avoir besoin de recourir, comme Libanius et Gibbon après lui ^ à la trahison du roi d'Arménie. Arsacc, assurément. Asiatique, chrétien et offensé, ne pouvait avoir ni le désir ni le devoir d'aider bien efficacement les entreprises audacieuses d'un Romain, d'un ennemi et d'un oppresseur, et tout fait croire qu'il se conduisit en effet trèï?-molIement ; mais au fond il ne pouvait rien faire, et on ne devait rien attendre de lui. Si Julien avait compté réellement sur le secours de ces renforts, c'est une preuve de plus que l'impatience et l'irritation avaient égaré dans le plan général de cette campagne la sagesse accoutumée de son jugement militaire *.

1. Liban., Or. 10, p. 300. Les tenues dont se sort Libanins sont trèsobscurs, suivant son habitude. Ainmien Marcellin prie aussi (xxiv, 7) da désappointement que fit éprouver à Julitui l'abseuce d'Arsace au rendez-vous convenu; mais il y a une lacune dans le texte, et il dit seulement, se référant à un passage antérieur qui a été perdu, que les renforts n'arrivèrent pas : ob canms im^jed ta prœdictas. Et très-peu de pages plus loin (xxv, 7), il dit en parlant d'Arsace : amico nobis semper et fido. Il est certain que les tioui)es laissi-es eu Mésopotamie ne marchèi-eut i-as ; mais les raisons que nous donnons n«)us paraissent pleinement suffisantes. Quant au témoignage de Mcïsc de Chorène, qu'invoque Gibbon, il est sans aucune valeur, comme tout ce qui part de ce conteur médiocre et mal informé. Gibbon ne me ]uiraît pas non plus avoir bien apprécié la difficulté qui fit reculer Julien devant le siège de Ctésiphon. Ce fut évidemment, non l'impossibilité même du siège, mais la crainte d'être pris à revers par Sapor.

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