CHAPITRE II
TfiANSFORlUTION DU PAGANISHS.
Après s'être délivré de ia politesse captieuse du souverain et avoir échappé aux pièges de la cour, Athanase poursuivit sa route vers Alexandrie. U s'arrêta quelques jours à Jérusalem, où Tattendait une réunion d un petit nombre d'évéques d'Orient, restés pendant les mauvais jours sileneieusement fidèles à la bonne cause, qui le eomUèrent de témoignages d*affectioa et d'hommages^ Il rentra ensuite dans son diocèse, où son arrivée iat saluée par le vif empressement des peuples, par des actions de grâces solennelles, des festins publics et des fêtes. Kien ne manquait extérieurenaenl à son triomphe, pas même ce triste spectacle de servilité et d'apostasie que donnent toutes les révolutions politiques et religieuses. Pendant un moment personne n'avait été Arien, ou ne voulait plus l'être. « Combien d'ennemis, dit Athanase lui-même avec celte raillerie douce qu'ia-
i. s. Athan., ApoL,^. llk. — Soc., h, 24. — Soas., m, W. — PWkxt., lu, 12. — ifaxime de Jérusalem avait hésité pendant la penéculion d'Athanase, et c'est ce qiil explique pourquoi les catéchèses de S. Cyrille, proDoucées à cette époque à JérusalëiD, ne parlent d« la foei^Ud d6 l'Eglise 4jne coxQxue s*Il y avait en des torts dâs deux cOtés.
spirent à une âme élevée la connaissance et, par suite, le mépris des faiblesses humaines, déposaient alors leur inimitié! Combien de calomniateurs qui se défendaient d'avoir jamais calomnié ! Que d*amis Atbanase avait alors, qui l'avaient toujours détesté ! Que de rétractations et de palinodies ! Beaucoup venaient de nuit lui confier qu'ils étaient retenus de force parmi les Ariens, chargeaient l'hérésie d'exécrations et d'anathèmes, lui demandaient pardon de tant de pièges et d'embûches qu'ils avaient concouru à lui tendre, protestaient que, s'ils étaient de corps avec les hérétiques , de cœur ils étaient avec Atbanase : Laissez-nous faire seulement, disaient-ils, et fiez-vous à nous »
La contagion gagna même jusqu'à des évéques trè&compromis dans la lutte. On vit arriver à Alexandrie des lettres de deux prélats déjà célèbres et toujours inséparables, Ursace de Singidon et Yalens de Murse, qui demandaient humblement la communion d'Athanase. Ils reconnaissaient qu'on les avait trompés, et que tous les griefs auxquels ils avaient ajouté foi étaient des inventions et des mensonges. Ils adressaient le double de ce désaveu à l'évéque de Rome. Il est vrai que leurs diocèses, situés l'un dans la haute Mœsieet l'autre danslaPannonie, avoisinaient les possessions de l'empereur Constant, et que Valons avait des prétentions déclarées au siège d'Aquilée qui dépendait de ce souverain ^.