‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 42 sur 321 · Régula S. Pacomii. — BolUnd., p · texte numérisé non relu

Régula S. Pacomii. — BolUnd., p

2. Régula S. Pacomii, — Bibl. Pat., loc, cit,, p. 35. — La règle sur ce point est formelle : Qui rudis, dit-elle, in monasterio fuerit ingressus, docebitur prius quai debeat observare, et cum doctus ad universa consenserit , dabunt ei viginti psalmos aut duas epistolas apostoli aut alterius scriptural partem... Omnino nullus erit in monasterio qui non diS(;at iitteras et de scriptui is aliquid teneat.

frères rdctivité de l'intelligence , tout en l'élevant vers les choses d'en haut. Le prévôt de chaque famille faisait l'instruction tous les jours; le supérieur du couvent, le dimanche.

Une règle si sévère ne lassa pourtant point le zèle des néophytes. On vit des femmes même s'y soumettre. La sœur de Pacôme donna l'exemple à tout son sexe. Un jour qu'elle était venue à la porte du couvent pour voir sou frère , le solitaire lui fit répondre que désormais il avait renoncé à sa famille pour plaire à Dieu, et qu'il lui conseillait de l'imiter. Elle accepta l'avis et fonda à peu de distance, dans le désert, un monastère de vierges astreintes au même régime*. Les enfants des deux sexes étaient admis dans ces pieux établissements. Pacôme ne les repoussait pas : a Ces jeunes âmes, disait-il, peuvent être élevées à ne jamais perdre la présence de Dieu. Gardez-les en mémoire du Dieu qui les aima. » Et il adoucissait pour eux la sévérité de ses lois^.

Qu'on se représente maintenant cette république de sept à huit mille hommes (ce nombre était atteint dès

'1. BoUand., p. 30i.

4. Voir aussi Régula S. Pacomii, De puellarum disciplina, loc. cit.^ p. 85. — Rolland., p. 809. — Hic porro perfectionis gradus facilius obtingit adolesceDtioribus, ut à prima aetate vocem Domini audientes, Dei I ecordatione informentur et ad interiora intendere se perpetuo conentar, donec ad samma qnaeque et perfectissima, Samuelis in tempio Yersantis exemplo, perveniaut... Caram ergo adolescentinm^ ut Deus Dobis praescribit, habeamus non mediocrem^ quoniam, ut scriptum est, custodieus pai'vulos Domiuus animas quoque nostras ut pupillaui custodiet.

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la (in (lu IV* siècle), sortie comme par enchantement d'un sol jusque-là désert, vivant sous le régime de Tégalité à la fois et de la subordination, dans l'accord du travail le plus humble et des pensées les plus hautes; et qu'on s'imagine l'impression qu'en devaient ressentir les voyageurs, les commerçants, dont les caravanes» venues d'Élhiopie ou de la mer Rouge, traversaient à toute heure ces plaines sablonneuses. Jamais pareil spectacle d'activité et de paix n'avait frappé des yeux accoutumés au mélange de faste oisif et de bruyante industrie des cités orientales. Ces laboureurs au front grave, ces ouvriers, les regards baissés sur le jonc qu'ils tressaient ou sur la toile dont ils tissaient la trame, ne ressemblaient ni aux chétifs colons de la glèbe , travaillant sous le fouet du maître, ni à l'insolent artisan des rues d'Alexandrie. En approchant de ce paisible atelier, on entendait quelques chants sur un mode simple : c'était un psaume ou un cantique qui tenaient l'âme élevée vers le ciel, taudis que le front était courbé vers la terre. La nuit était-elle venue , ou l'orage s'élevait-il dans la plaine , la modeste demeure s'ouvrait pour offrir un abri à tous les passants. Dans ces asiles de l'austérité et de l'abstinence, il n'y avait d'abondance que pour l'hospitalité et l'aumône, pour le voyageur et pour le pauvre. A des jours réglés, tout travail était suspendu et chacun courait à la chapelle. Une fois même par an , les routes entières étaient couvertes de nuées de pèlerins se rendant tous • à la maison mère. C'était le saint jour de Pâques, et tous

les frères devaient se réunir pour célébrer en commun la Résurrection du Sauveur. D'autres jours, ils sortaient, rangés sur une longue ligne, en entonnant des chants funèbres : il s'agissait de conduire à la tombe la dépouille d'un frère mort. Le lieu de la sépulture était au delà du Nil , sur une montagne : nul n'aurait manqué de s'y rendre, ni infirme, ni vieillard, quels que fussent l'état orageux du fleuve et le débordement de ses eaux. Souvent aussi on signalait à l'horizon une petite barque qui descendait ou montait le Mil. Un vieillard en tenait la rame d'une main que ni le jeûne ni l'âge n'avaient affaiblie. C'était Pacôme lui-même faisant la visite de toutes les maisons. Son bateau lui servait très-habituellement de demeure; il y prenait le repos et la nourriture, toujours voyageant d'un établissement vers un autre. A peine débarqué , tous l'entouraient , et il disait à chacun une parole grave et précise qui se fixait dans la mémoire. A ceux qui pleuraient leurs amis ou leurs frères : <c Les pleurs sur les morts, disait-il , ne peuvent les ressusciter ; mais les pleurs sur les vivants peuvent ressusciter les âmes ^ Les petits enfants se pressaient autour de lui en l'embrassant : Père, disait l'un d'eux, voilà plusieurs jours qu'où ne nous a fait cuire de légumes pour notre nourriture. — Ne craignez rien, mon ami, disait le saint, je me charge

1. BoUand., p. 3Î2 : Hi, inquit vir sanctus, morluos quidem eos déplorant quos ad vitam revocare nullo modo possuat ; dos vero primum nosmetipsos ac proximum deinde lugeamiis. Forsitan... a morte suscitabit Dominus.

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de VOUS en faire avoir Il se faisait montrer tous les travaux et rendre lous les comptes. Le moindre sentiment de vanité chez l'ouvrier, |out esprit de gain et de profit dans la communauté, trouvaient en lui un impitoyable censeur, (c Voyez ce frère, disait-il à un religieux qui lui montrait avec complaisance deux nattes habilement tressées; il a travaillé du soir au malin pour le démon, et préfère deux nattes au royaume de Dieu » Un économe lui racontait avec orgueil les profits qu'il avait faits pour rétablissement ou sur les fournitures des religieux et le bas prix auquel il avait trouvé le moyen d'acheter du blé pour le couvent dans une saison de famine. Mais le saint ne voulait pas de pareils gains, qui sentaient trop l'esprit de commerce, et l'économe était réprimandé ou révoqué ^ Pacome était surtout sévère pour l'orgueil spirituel, si fréquent chez les âmes adonnées à la contemplation, pour le goût des visions, des révélations étranges. Pour lui-même son humilité était telle qu'un jour Athanase étant venu, dans une tournée pastorale, visiter toutes les maisons du désert, il parut devant lui mêlé à tous les autres moines, sans consentir qu'on le nommât ni qu'on le fit connaître au patriarche. Bien que souvent il eût fait preuve d'une puissance surnaturelle, il ne s'attendait jamais à obtenir de Dieu aucune grâce extraordinaire, surtout aucun miracle ma-

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