‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 151 sur 324 · I. Jul., Or. a, i». ilî> et Mii · texte numérisé non relu

I. Jul., Or. a, i». ilî> et Mii

if désir le bonheur de voir ma véritable patrie? » A ce lot de Grèce, en effet, toute l'imagination de Tëcolier ) réveille. « La Grèce , dit-il par une gracieuse com- Eiraison, est pour la philosophie ce que le Nil est pour Egypte. C'est un réservoir d'eaux vives que le soleil e peut tarir. » Suit le récit de son élévation à l'empire» e sa surprise, de ses craintes, de son agitation, à la eille d'un si grand changement dans son existence. I Songeant à ces choses nuit et jour, conlinue-t-il, j'errais triste et sombre. Mais d'abord le noble et divin em- ?ereur, m'honorant par ses actes et ses paroles, m'enleva une part de mon souci. Puis il m'ordonna d'aller Nritier l'impératrice: grand encouragement pour moi, 6t grand témoignage de sa confiance. Lorsque je parus H présence d'Euséhie, il me sembla que j'entrais dans un Inctuaire et que je contemplais la statue de la Chasteté. 9 respect saisit mon âme et mes yeux restèrent fixés ivs la terre. Mais elle : «Rassure-toi, me dit-elle; tu as »jà reçu quelque chose de nous; tu recevras le reste . s Dieu, pourvu que tu sois fidèle et juste envers nous. » Ile n*en dit pas davantage, se servant de peu de parois, quoiqu'elle sache faire des discours qui ne le cédealent point à ceux des meilleurs orateurs. Après cette nlrevue, je restai frappé de surprise, comme si la Sa- ;esse elle-même venaitde me parler. Le son harmonieux le sa voix retentissait encore à mes oreilles. Youlez-vous pie je vous dise ce qu'elle fit ensuite, et que je vous raconte en détail tous ses bienfaits?... combien de mes

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amis éprouvèrent sa bonté, et l'alliance qu'elle m'a foit contracter avec Tempereur? Peut-être voulez-vous aussi que je vous énumère ses riches présents et, comme dit Uomère :

c( Sept trépieds qui n*ont point vu le feu , deux fois cent talents d*or et vingt aiguières.

« Mais je n*ai point de temps pour raconter de pareilles choses. Peut-être cependant faut-il que je vous parle d'un présent qui m'a comblé de joie plus que tout autre. Ce sont les livres des philosophes, des meilleurs historiens, des rhéteurs, des poètes, qu'elle m'a donnés, sachant que j'avais apporté peu de volumes avec moi, parce que j'avais le désir et l'espérance de retourner bientôt dans ma maison ; et le nombre de ceux qu'elle m'a remis est si grand qu'il satisfait même mon insatiabi soif de telles lectures. Grâce à elle, la Gaule, la Germa nie, sont devenues pour moi comme un musée délivre grecs; et toutes les fois que j'ai quelque loisir, je saisi ce don précieux, et je ne puis oublier de qui je le tiens- Toutes les fois même que je pars en expédition, un ces livres me suit, comme un compagnon de guerre *.

L'empereur, comme on le voit, n'avait point à troubler de ces éloges donnés à l'impératrice, da^. ^$ lesquels on lui faisait si généreusement sa pari. IZT Mie seule personne aurait pu se plaindre ; c'était Ja

pauvre Ilélène, si froidement mentionnée par Julierm ^lu nombre des bienfaits de sa protectrice, et qu'il

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