Amm. Marc, loccU
2. 364 ap. J.-G. — U. C. 1117. — Indiction vu. — Jovianns et Vaironianiis coss.
le pelil consul prit peur, se mit à crier, et il n*y eut pas moyen de Ty faire rester *.
Malgré tous ces incidents, les uns tristes et les autres ridicules, Torateur député par la ville de Constantinople» et qui ne pouvait être autre que Thémistius, n'en fit pas moins le discours obligé pour célébrer le héros du jour et rheureuse circonstance. Cette formalité , d'ordinaire fastidieuse, présentait ce jour-là un intérêt plus piquant. Il était singulier de voir un maître et un ami de Julien se réjouir sur sa tombe de l'avènement du successeur qui détruisait toute son œuvre; et probablement les auditeurs étaient curieux de savoir comment Thémistius se tirerait de la difficulté. Mais les ressources oratoires d'un bon rhéteur n'étaient jamais en défaut, et, au sein des plus grandes douleurs, il trouvait, dans la contemplation desa propre éloquence, d'ineffables consolations. Thémistius, qui, peu de mois auparavant, avait fait l'oraison funèbre du héros mort (morceau que, par prudence sans doute, il ne nous a pas conservé) , fit sans sourciller ce jour-là l'éloge de l'ami d'Athanase. Jovien se trouva d'emblée devenu, comme Constance et Julien, le protecteur des lettres et l'espoir de In philosophie. Il eut en outre cette gloire a sans égale d'avoir été élu dans les camps, dans la chaleur même de la
1. Amm. Marc, /oc. ci/.— -Themist., Or. v,p. 71. DevaDt le témoignage de ces deux assistants, il n'y a pas moyen d'admettre le récit de Zonare, qui dit que l'impératrice ne vit jamais son époux depuis qu'il avait été porté au trône, et qu'elle venait à sa rencontre quand elle u'i l»rit S.1 mort.
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guerre» enlre les piques et les glaives. « Il fut » cê plus digne auquel Alexandre mourant avait laissé rhéritage de sa vertu aussi bien que de sa puissance. » Tout cela, à la rigueur, pouvait encore se supporter, mais quand Torateur en vint à féliciter le nouvel empereur d'avoir dit reculer les Perses et conservé l'intégrité de rempire, Jovien, qui était modeste et se faisait peu d'illusions, dut trouver que l'exagération de la rhétoriqae allait pourtant trop loin ^
Il méritait mieux l'éloge suivant* et Thémistius, en le prononçant, eut sans doute un accent plus vrai de reconnaissance et d'admiration.
« La première marque que vous ayez donnée aux hommes» lui dit-il» du soin que vous voulez prendre d'eux « c*est la loi que vous avez faite sur les choses religieuses» et c'est là que mon discours avait bâte d'arriver. Seul, en effet» vous paraissez avoir compris qu'un souverain ne peut lout imposer à ses sujets» qu'il est des choses qui échappent à toute contrainte et demeurent audessus de toute menace et de tout commandement. C'est le cas de toutes les vertus» et principalement de la piété envers la divinité. Vous avez pensé qu'il faut laisser sur ces choses excellentes l'âme de chacun libre» souveraine, et maîtresse de suivre le mouvement qui lui convient. C'est une sage pensée. Car s'il ne vous est pas possible à vous-même, empereur, de pénétrer de bons sentiments