s. Hil., //>/rf.,p
velle réunion» et il fit choix» pour aller porter cette demande au redoutable empereur dans sa cour» des deux évéques las plus intrépides qu'il put trouver» Eusèbe de Yerceil, et Lucifer de Cagliari. Il leur remit une lettre conçue dans des termes peut*étre trop émus» mais dignes pourtant et touchants*
«Je vous en supplie» disait-il» ô très-sage empereur» que votre clémence me prête des oreilles favorables : que votre bonté me permette de lui expliquer mon des* sein. Un empereur chrétien» fils de Constantin, de pieuse mémoire» use doit sans doute cette faveur. Ne puis-je léchir à mon égard votre âme qui pardonne môme lux coupables? Le discours que votre piété a fait répandre parmi le peuple» me déchire de toute manière : c'est à moi de tout supporter patiem*ment; mais corn* ment votre âme, qui est toujours ouverte à la clémence, qui ne laisse jamais (ainsi qu'il est écrit) le soleil se coucher sur sa colère» peut-elle garder tant d'indignation contre moi? C'est un miracle que je ne puis comprendre. Je cherche avec vous, ô très-religieux empereur, une (laix véritable qui ne repose pas sur une <srtificieuse combinaison de paroles» mais qui soit raisoiinablement fondée sur les principes de l'Evangile... Dieu m'est témoin» et avec lui TËglise et tous ses membres, que j'ai foulé et que je foule encore aux pieds, par la foi et la crainte de Dieu, toutes les choses mondaines» ainsi que l'ordonne la raison évangclique et apostolique... Dieu m'est témoin que j'ai été porté
'2\i) l.\ JKI.NKSSE l)K JILIKX.
malgré moi au poste que je remplis, et dans lequel j*espère demeurer sans oiTenscr Dieu tout le temps que je serai conservé dans ce siècle. Ce ne sont point mes propres décrets, ce sont ceux des apôtres que je veux maintenir invariablement. Je suis la coutume et la tradition de nos ancêtres ; je n'ai rien ajouté à Tépiscopat de Kome : je n'en veux laisser rien enlever, et je veux conserver sans tache cette foi qui est venue jusqu'à nous par la succession de si grands évéques, des rangs desquels se sont levés tant de martyrs ^ )> A. D. Ce langage était noble, et la confiance du pontife bien
placée ; mais le déploiement de tant de courage n'était pas nécessaire pour obtenir l'adhésion de Constance à une proposition qui ne lui présentait, à lui pas plus qu'à ses conseillers, aucun danger sérieux. Il avait vu, en eirct, ce qu'on pouvait obtenir d'une réunion faite sous ses yeux, dans son palais, au milieu de ses troupes, et sous h garde de ses officiers : il consentit sans peine à eu promettre une nouvelle pour le début de l'année suivante-,d'autant plus qu'il y voyait l'avantage de prendre le temps de se préparer, par une précaution qu'il jugeait indispensable, à frapper de grands coups en Orienta Uuelque soin qu'il eût mis, en effet, à se réserver la