s. Athau., ApoL, p. 698; ad Sol., p. 84t
LA PERSÉGUTIOlf ARIENNE. 323
on. a Ou'est cela? disait-on de tontes parts ; Fempe- )ur est-il donc décidément hérétique? ' )»
Il fallait pourtant bien se procurer quelques auxiîires, pour ne pas avoir l'air d'agir exclusivement par
force et sous l'inspiration d'un ^ul parti. €e fut encore stte fois aux païens qu'on «ut recours» et l'artifice emoyé par l'envoyé de Constance, pour les enrôler à son iFvice^sans avoir l'air de s'allier avec eux, fut singulier.
fit venir les principaux d'entre eux, ceux qui étaient ^nateurs et magistrats de la ville, et leur déclara, d'un ir d'autorité, que l'empereur se proposait de fermer tous Hirs temples et d'abattre leurs idoles ; mais que leur béîssanee empressée , dans une circonstanceaussi grave lie l'expulsion d'Athanase, pourrait leur faire trouver race. La menace n'était pas sans vraisemblance, car n savait que Constance, par un d<wble jeu qu'ont mis Il pratique plus d'une fois les oppresseurs de TÉglise [ai tiennent à paraître ses protecteurs, annonçait 'intention d'imposer la foi chrétienne à tous ses sujets, to de temps auparavant, sous les yeux d'Athanase, in ordre impérial avait prohibé la solennité publi ne d'une grande fête de 4'ancien culte nationale M païens, très-indifierents sur le fond de la ques*. on soulevée par Arius, mais plus ennemis d'Athanaoe ne de tout autre, ne pouvaient héâter à se racheter à
i. s. Athaji.j ad Soi., p. S46.
2. Soz., iv^ 10. — On ne sait à quelle époqoe m place Taiieedolt
ipportée par cet historien.
si bon marché. Ils promirent donc toute ^pèce de cou cours, et, pour commencer, des jeunes gess envoyé par eux firent invasion, peu de jours après, dans un église où le peuple était assemblé. Ils entrèrent arméi de pierres et de bâtons, chantant des vers obscènesl insultant les femmes , battant les vieillards , brisé Tautel qui était de bois, déchirèrent les voiles de tenture, et firent du tout un grand feu sur la place, qi s'étendait devant l'église. <c Victoire ! s'écriaient-ils d leur ivresse, Ariens et Grecs ne sont plus qu'un, af" Constance va reconnaître nos mystères.» Ils amenèref même dans l'église une génisse et se mettaient en de^ voir de la sacrifier, quand on fit remarquer que Y en vigueur dans le pays ne permettait de sacrifier des mâles. Par l'effet de ces violences, les églises furei bientôt vides et prêtes à recevoir sans difficulté le sue-] cesseur hérétique d'Athanase *•
Car c'était là, en définitive, qu'on en devait venir, et Ton ne savait trop quel serait l'homme assez hardi poi recueillir l'héritage qui avait si mal profité , dix an auparavant, entre les mains de Grégoire. L'épreuve tenta pourtant l'ambition d'un des compatriotes de l'usurpateur précédent, Georges, originaire comme lui de Cappadoce. C'était un homme de basse extraction, fils d'un foulon , dit Ammien-Marcellin *. Les écrivains ecclé-
1. s. Athan., /ô., p. 848. — ÊXe-^ov : éXXw ^ryovt KwvtrravTioç, x« cl Apirtvoi Ta iQ^u.wv eiïS'Yvctxncov.
J. Ainm. Marc, xxii, 1|.
(iastiques en font le plus odieux portrait. Il était, disent- Is, ignorant, larron, adonné aux plaisirs de la chair et urtout de la table. Ce dernier défaut lui avait coûté une >Jace qu'il occupait avant d'être entré dans les ordres. l exerçait les fonctions de receveur d'une des fermes du ^ésor , celle qui fournissait des viandes salées pour la curriture des soldats à Constantinople, et il avait été urpris détournant les fonds à son profit, pour subvenir tax frais de sa bonne chère : d'où lui était venu le surom de Mangeur du Trésor, Les Ariens ne l'en avaient SIS moins fait prêtre, quoiqu'il ne se mit point en peine e couvrir ses vices par le moindre vernis d'hypocrisie.
annonçait, de plus, des instincts cruels. Ammienr«rcellin confirme cette peinture par deux mots plus >bres, mais d'une valeur extrême dans la bouche d'un siîen : ce C'était, dit-il, un homme qui oubliait que à profession n'enseigne que la justice et la douceur. » jel était le choix qui fut arrêté dans un petit concile ^ prélats ariens à Antioche. On le désigna à Contance qui se hâta de lui écrire en l'appelant le révéendissime Georges, mattre très-habile dans le chemin H ciel ^
Georges ne tarda pas à se mettre en campagne, et 'Vanl la fin du carême, c'est-à-dire dans les derniers jours
1. s. Athan., ad SoL, p. 844. —De Syn, Ar. et Sel., p. 912. — i^fol., p. 695. — Soz., III, 8; iv, 8. — Amm. Marc, xxii, il : Profesîonls su£ oblitus, quœ nihil nisi justam et lene suadet. — S. Giég. ^ai., Ot\ XXX, 16.
326 LA PERSÉGUTIOn ARIEHNE»
de mars (Pâques tombant cette année le 6 avriP ) , il ânh vaity accompagné d'un nouvel officier supérieur ; car Constance, avec sa mobilité et ses caprices accoutumés^ changeait à tout instant ses agents , n'étant jamais n satisfait du zèle, ni sûr de la fidélité d'aucun. Celui -d, qui portait le nom de Sébastien , était on bel esprit qm avait étudié, pour être rhéteur, à l'école de Libanius^et qui avait embrassé la secte subtile des manichéens, t joignait les prétentions d'un savant et les passion d'un sectaire à la brutalité d'un soldat. Apparaissant dans cette redoutable compagnie, Georges fut reçu aff milieu d'un calme et d'une stupeur universels*. îàh ville, pleine de soldats et environnée de troupes dontl^ les postes se relevaient à tout instant, n'aurait osé boQ-p ger. « Voyez Alexandrie, disait un peu plus tard ai contemporain , s'adressant à Constance lui-même : quelles guerres autour d'elle 1 Ce ne sont atout moment que (les expéditions militaires qui la font trembler... m On change les préfets et les généraux ; on soulève b jS peuple; on fait marcher les légions : et tout cela pour |^ qu'Athanase ne puisse pas prêcher Jésus-Christ'. >
Conslanee ne s'en applaudissait pas moins, avec ravissement, d'une soumission obtenue à si grands frais. Il ne craignait pas d'en féliciter les Alexandrins : « Votre
i. s. Athan., De fiiga ApoL, p. 704.
2. S. Athan., ad Sol,, p. 850, 851. — > Aimn. Maio., zxm, 8, et iB BOte de Valois sur ce passage.