‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 105 sur 137 · s. Grég. î^az.. Or. xxi, 19, SO · texte numérisé non relu

s. Grég. î^az.. Or. xxi, 19, SO

«c. . • . . Comme je sais, dit-il , que youb êtes chrétien depuis beaucoup d'années, et que vos parents vois ont élevé dans la crainte de Dieu , c'est avec un cœnr tranquille que je viens me Justifier devant vous. Je répéterai les paroles du bienheureux Paul , et c'est là, très-religieux Auguste , l'intercesseur dont je me servirai auprès de vous , car je sais que ce héraut de h vérité trouve en vous le plus soumis des auditeurs..». On prétend que j'ai semé la division entre vous et le pieux auguste Constant, de bienheureuse mémoire^. Suis-je donc un insensé, suis-je à ce point hors de sa», que vous me soupçonniez d'une pensée pareiUet... Votre frère, ce grand serviteur de Dieu, n'était ft& d'un naturel si crédule, et je n'avais pas moi-mèoa assez de crédit sur lui pour que la prudence m'ait permis de calomnier un frère auprès de son frère, un empereur auprès d'un empereur? Je ne suispoifit en délire, ô empereur, et je n'ai jamais oubUé celle instruction de l'Écriture : Même dans la retraite de ta conscience, ne maudis point le roi; môme dans le fond de ton lit , ne parle point mal de l'homme opulent : car les oiseaux du ciel iront redire tes paroles. Que si vous autres rois, vous savez faire en sorte que rien 06 vous dérobe les choses dites contre vous, même en secret, comment est-il croyable qu'en présence de l'empereur de tant de gens qui nous écoutaient, j'aie osé mal rler de vous? Informez-vous, en e£Fet, et vous saurei ue je n'ai jamais parlé seul à seul à votre frère , mais

toujours en présence de Tévéque du lieu où nous étions» et de tous les gens de sa cour : j'entrais avec eux, je sortais avec eux, et toutes les personnes présentes vous Tattesteront... Une seconde calomnie prétend que j'ai ^ écrit au tyran dont je ne veux pas même prononcer le nom , et la grandeur de ce mensonge est telle , qu'il frappe mes sens d'horreur. En vérité, religieux empereur, je me demande avec surprise s'il est possible qu'un homme soit assez égaré pour mentir à ce point... Et je ne sais par où commencer pour répondre^ car toutes les fois que je veux parler, ma langue se glace d'étonnemeni et d'horreur-Carenfin^pour ce qui touche votre •bienheureux frère, il y avait quelque prétexte, quelque ^ apparence à m'accuser : il avait désiré me voir; il avait daigné vous écrire à mon sujet; il m'avait témoigné plusieurs fois, absent ou présent, son estime. Mais cet infernal Magnence (j'en atteste Dieu et son Christ), je ne l'ai jamais vu, et je n'ai jamais rien su de lui.

Inconnu, comment aurais-je parlé à un inconnu?

Et si j'avais voulu lui écrire, comment aurais-je commencé ma lettre? Tu as bien fait, aurais-je dû lui dire, toi qui as tué Constant, Thomme du monde qui me tenait le plus en estime, et qui me comblait de ses bienfaits. Je te sais gré d'avoir privé de la lumière tous mes amis, tous les hommes fidèles et chrétiens dont j'ai été l'hôte à Rome, la bienheureuse Entropie (votre tante, ô Constance), Abutère, cet excellent homme, Spérance, cet ami fidèle, et tant d'autres gens

de bien... Voilà le compliment que j'aurais eu à lui faire. Et Ton veut faire croire que j'ai été l'ami d'un tel monstre , et que je lui ai donné le salut de paix ! * »

La pièce continue sur ce ton animé, passant toutes les accusations en revue, et les terrassant de cette logique dédaigneuse. Mais sa défense personnelle était le moindre des soucis du proscrit: ce sont les périls de la foi qui lai remettent bientôt la plume à la main. Sur la nouvelle, que Ton faisait circuler dans les diocèses d'Egypte plusieurs formules de foi , différentes de celle de Nicée, quoique encore éloignées de celle d'Arius, et qu'im certain nombre de fidèles se laissaient séduire par cet artifice : « Prenez garde, leur écrit-il sur-le-champ, dans une lettre circulaire envoyée , du fond de sa retîraite, i tous les évoques, les gens qui vous circonviennent cachent leur dessein et ne se servent des paroles de l'Écriture que comme d'un hameçon pour attirer à leur malice les ignorants. Voyez, en effet, si je n'ai pas raison. Ils font des formules do foi : de deux choses l'une, ou bien ils n'y sont poussés par aucune nécessité , et alors ce qu'ils tentent est superflu et presque nuisible... Ou bien, c'est pour s'excuser de partager l'hérésie d'Arius, et alors ce qu'ils ont à faire, c'est d'extirper les mauvaises plantes jusqu'à la racine et de frapper de notes d'infamie ceux qui répandent cette ivraie... Mais c'est précisément ce qu'ils ne font pas et

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