S. Athan., De fuga, p
a. Ibid,, p. 706.
lu ces vieux écrits. Ne se souviendront -ils pas an moins* de rÉvangile, et des disciples fuyant la fureur des Juifs, et de Paul descendu des murailles de Damas daiL^ une corbeille*?... Tous ces saints ne fuyaient point par crainte : non, grand Dieu ! Mais ils considéraient la fuite comme l'exercice et la préparation de la mort. Ils ne voulaient point s'offrir témérairement au péril, car c'est être coupable de sa propre mort, et désobéir à Dieu, qui a dit : Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni; et ils auraient cru plutôt faire acte de timidité en se dérobant au péril et au tourment de l'exil , plus terrible que ceux de la mort. Heureux, en effet, est celui qui meurt; il se repose de ses misères. Mais celui qui fuit, attendant d'heure en heure l'arrivée de ses ennemis, souhaiterait bien souvent d'être mort. Ceux donc qui mourront dans la fuite ne mourront point sans gloire : ceux-là aussi auront la palme du martyre... Ces hommes qui ont fui avaient tant de courage que nul n'en pourrait I douter. Le patriarche Jacob, quL avait bien fui devant Ësaû , quand il vit la mort présente , n'en fut point ému ; et il sut bénir à celte heure même chacun de ses fils suivant son mérite. Le grand Moïse, qui avait fui devant Pharaon et s'était caché chez les Madianites, dès que Dieu le lui ordoima, se présenta sans crainte en Egypte; et quand il lui fut dit : Monte sur la montagne et meurs, il ne refusa point de marcher » mais il s'é-
i. s. Athan., De fuga, p. 707,
?i lança de grand cœur... Pierre, qui s'était caché chez •-' les Juifs; Paul, qui avait fui, quand ils surent qu'ils trouveraient le martyre à Rome, ne renoncèrent point à s'y rendre, mais y marchèrent avec Joie... Mon sang va être répandu comme une libation, disait Paul, et le jour de ma délivrance approche. Ces exemples prouvent que la fuite n'est point le résultat de la crainte, ni un acte lâche et vulgaire, mais qu'elle est l'effet d'une grande force de courage*. »
Puis il reprend encore une fois, dans une lettre animée, le récit de ses traverses et des fureurs de Constance.
c( C'étaient des eunuques, dit-il, qui menaient tout cela : et ce qu'on ne saurait assez remarquer dans toutes ces intrigues, c'est que l'hérésie arienne, qui ne veut point que Dieu ait un Fils, allait chercher son appui parmi les eunuques, hommes stériles par le corps comme par l'âme, et qui ne peuvent point souffrir qu'on prononce le nom de fils devant eux. L'eunuque éthiopien, qui ne comprenait point ce qu'il lisait, crut à la parole de Philippe qui lui enseignait le Sauveur ; mais les eunuques de Constance ne croient point à la confession de Pierre , leur enseignant le Fils de Dieu : et ils , s'emportent contre ceux qui disent que Dieu a un Fils. La loi ecclésiastique défend que les eunuques siègent dans les conseils de l'Église, et ce sont eux maintenant qui
i. s. Athan., De fuga, p. 712, 719.
se font maîtres de tous les jugements ecclésiastiques. Constance ne fait que ce qui leur plaît, et des hommes qui se nomment évêques ratifient leurs sentences. Ohl qui se fera l'historien d'une telle honte? Qui osera la raconter à la génération future? Et qui la croira, si on la loi raconta? Des eunuques , race avide de volupté et pleim de malice, qui n'ont d'autre souci que de priver les autres de ce que la nature leur a refusé; des eunuques,! qui l'on confierait à peine le gouvernement de sa propre maison, gouvernent aujourd'hui l'Église M... Quand de telles choses se sont-elles vues depuis que le monde existe? Quand les jugements de l'Église ont-ils dû leur autorité à l'empereur? Quand l'^ jugement impérial tt-il été tenu pour valable dans l'Église? Il y a eu liiea des conciles avant nos jours, et bien des jugements ecclésiastiques; mais jamais prêtre n'a consulté' empereur sur de tels sujets, et jamais empereur n'a prétendu régir les choses de l'Église. L'apôtre Paul avait des amis dans la maison de César, et il les salue dans sa lettre aux Philippiens ; mais il ne se les associait pas pour juger les choses ecclésiastiques. Mais maintenant l'hérésie arienne nous donne un spectacle tout nouveau. Des évêques prêtent la puissance épiscopale à Constance, pour l'aider à faire ce qui lui ptait, et afin qu'il puisse persécuter sans qu'on l'appelle persécuteur. A leur tour, on leur prête la puissance impériale, pour qu'Us
i. s. Athan., ad Soi,, p. 884, 885.
LA PERSÉCUTION ARTliNfiE. 347
p se délivrent de leurs ennemis, c'est-^ndire <le ccom qui ne sont pas imites comme eux. Ceci est une comédie où des gens jouent le rMe d'évéques, et où Constance dirige la scène *... Et en Toycmt tout ce qui se passe, et l'impudence qu'affiche l'impiété » qui est-ce qui oserait dire encore que Constance est chrétien? N'est-il pas plutôt rimage de l'Antéchrist? Quel est celui des ^gnes de l'Antéchrist qui lui manque? En quoi Constance n'est-il pas semblable à l'Antéchrist et l'Antéchrist à Constance? N'est-ce point par son ordre que les Ariens «t les païens ont sacrifié dans la grande église de Césarée <et blasphémé contre le Christ? Et n'est-ce point à ce signe que la vision de Daniel fait reconnaître l'Ante- <dirîst?... Le voilà bien tel qu'il doit être, parlant confare le Très-Haut, défendant Timpiété, faisant la guerre aux saints, poursuivant les ministres de Dieu , et usant pour sa perte du peu de temps de pouvoir que Dieu lui donne ^.... Oui, assurément, Constance notis montre la véritable image de .1! Antéchrist Et ainsi, pour en finir» si jamais il fut glorieux de tenir ferme à l'Écritu» contre les hérésies, c'est aujourd'hui et contre eelle-ci« Or, le précepte de l'Écriture est celui-ci : Sortez, ««rteXp éloignez^ous , ne touchez point À l* impure té, séparez-vous de i»uw<iy vous qui portez les vases divins^ £t voici l'instruction qui convient à tous. Si quelqu'un a été pris par cette ^reur» qu'il en «orte^comme de