‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 109 sur 137 · Luc. Cal, Op., p · texte numérisé non relu

Luc. Cal, Op., p

traces de cet esprit trop véhément qui le mit plus tard lui-même aux prises avec Lucifer, il n'hésita pas, devant tantdecourage et dans un tel péril à lui envoyer ses félicitations. Il rappelait : « véritable Lucifer, qui portes le flambeau de la vérité et le mets sur le chandelier, pour qu'elle luise aux yeux de tous. >> Bien plus, l'empereur lui-même reçut un jour un de ces manuscrits, qui lui fut directement adressé. Surpris d'une telle audace, et ne voulant pas croire qu'elle fût possible, il fit écrire à Lucifer par Florentiûs, son maître des vDffices, pour savoir s'il était bien réellement l'auteur de l'envoi. Nous possédons encore cette étrange correspondance, dans laquelle le persécuteur semble reculer intimidé devant la victime.

a Florentiûs, maître des offices, au très-excellent seigneur Lucifer :

« Quelqu'un est venu offrir en votre nom un manuscrit à noire Seigneur et Auguste; et celui-ci a désiré qu'il fût renvoyé à Votre Sainteté , et veut savoir si c'est bien vous qui l'avez adressé. Répondez donc ce qui est vrai, et renvoyez le manuscrit, afin qu'on puisse l'offrir de nouveau à son Éternité. »

Lucifer répond sans hésiter :

a Mon fils très-cher , votre lettre très-honorée me fait savoir qu'un homme a remis en mon nom, à l'empereur, un manuscrit qu'il dit avoir été adressé par mon humilité. Votre religieuse Prudence saura que J'ai examiné avec soin ce manuscrit , et que je le remets , pour in. ^^

VOUS être rendu, à Bonose , Tagent d'affaires. Et maiii"^ tenant Votre Générosité voudra bien dire à l'empereur que je le reconnais pour mien sans difficulté. Et quand Tempcreur aura conunencé de réfléchir aux raisons qui m'ont décidé à discuter de cette sorte , il verra que nous sommes décidés à souffrir la mort qu'on nous prépare*.»

C'était autour de Constance même» et aux portes de son palais » que cette forte organisation de l'Église se jouait de sa colère et bravait sa puissance. Avec quelque dureté qu/il eût sévi , il n'avait pu bannir tou& les évoques d'Occident , et ceux qui restaient sur leurs sièges^ mèmA: au prix de. quelque complaisance extérieure, conservaient poiir Athanaseun penchant secret, et pour la foi de Nicée un profond attachement. Dans les diocèses où on avait installé de force des évêques intrus» les populations en masse refusaient de comniuniquer avec eux. Le diacre Félix, créé évêquede Rome en place de Libère, restait seul dans son église, abandonné de son troupeau et d'une grande partie de son clergé, biea qu'il protestât très -hautement qu'il était fidèle, à la foL de Nicée K Zosime, établi à Naples, aux mêmes conditions, n'y recevait pas un meilleur accueil, et un mal très-grave qui le frappa peu après ^ fut considéré par tout le monde comme une j,Ui5tice de Dieu ^. Plus on

1 . Ces leUres se trouvent à la fin des œuvres de Lucifer de Gagliari.

2. Rufln, 1,23. —Soz., iv, H. — Soc, ii^ 87. — Thôod., n, 16.

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