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d'un esprit moins brillant, mais d'un cœur à la fois plus pervers et plus résolu *.
Malgré la perte de ces importants auxiliaires, Eusèbe de Nicomédie disposait dans la réunion d'Antioched'une immense majorité. Pousser du premier coup les choses à rexlrémilé; engager d'abord toute l'Église d'Orient, puis l'autorité impériale elle-même, dans une mesure décisive qui ne leur permit pas de reculer; intimider ainsi le pontife de Rome par la crainte d'une collision avec tout le monde asiatique, tant civil que religieux : tel parait avoir été son dessein. Il fallait fermer sans retour à Âtbanase la porte d'Alexandrie.
L'habileté principale d'Eusèbe consista à ne point faire de la détermination qui allait frapper Athanase un acte isolé, mais à la rattacher à tout un système de mesures générales qui semblaient prises dans l'intérêt du bon ordre et de la saine discipline ecclésiastique. La réunion d'Antioche, se constituant en concile d'ellemême^ sans avoir reçu aucune mission, sans compter dans son sein aucun représentant de cette église de Rome hors de laquelle, dit à cette occasion rhislorien grec Socrate, l'ancienne règle ecclésiastique défend de rien décider dans l'Église, prit une série de résolutions gêné* raies dont l'esprit était excellent et auxquelles on n'eût rien eu à redire, si l'application n'en eût été viciée d'avance par les violences antérieures qu'elles étaient
i. Soc, 1, 1; II, 4. — Soz., m, 2. — S. Jér., De Vir. ill., 98. — Philost., IV, 12. — S. Épiph., Hœr., lxxii, 6 et suiv.
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destinées à sanctionner. Vingt-cinq canons, qui nous ont été conservés et qui ont été depuis consacrés par l'approbation d'un concile général, établirent des règles pourprévenir les schismes et pour faire respecter Tautorilé légitime dans les diocèses*. A d'excellents principes sur les droits de juridiction métropolitaine ou épiscopale et sur les attributions des conciles provinciaux, se trouvaient mêlés des articles comme ceux-ci : « Si un évêque déposé par un concile, ou un pi ôlre ou un diacre déposé par son évoque, ont osé faire les fonctions sacrées..., qu'ils perdi nt Tespoir d'être rétablis dans un autre concile, et qu'on ne leur permette plus de se défendre. Et que tous ceux qui communiquent avec eux soient rejelés de l'Église, surtout s'ils
1, Labbe, Conc, gen., t. ii, p. 563 et suiv.— Les canons du concile d'Antioche ont été réunis dans un code qui fut produit au condle de Chalcédoine^ où ils furent admis comme lois de l'Église. Cette admission de canons portés par un concile irrégulièrement convoqué et qui con- OGurut au bannissement d'Atbanase^ ainsi que l'épithètc de Synodus sanctorum que saint Hilaire donne en passant à la réunion d'Antioebe, ont suscité les plus vives discussions entre les érudits. Schelstrat^ Pagi, Mansi, Tillemont lui-même, ont fait à ce sujet les conjectures les plus diverses. Us ont supposé, soit que le concile d'Antioche s'était ouvert d'abord avec une majorité orthodoxe qui avait porté les vingtcinq canons et s'était retirée pour ne pas concourir au banuidsfment d'Atbanase; soit que ces canons étaient l'œuvre d'un autre concile d'Antioche antérieur. On peut voir cette discussion fort bien résumée dans Hefele (t. i, p. 486-493). Le savant docteur allemand conclut, à notre avis, fort sensément, en disant que l'assemblée d'Antioche ne fut point, à proprement parler, hérétique, puisqu'elle adhérait au coneile de Nicée, et surtout ne paraissait pas telle aux contemporains, puisque saint Athanase n'était pas encore pleinement justifié aux yeux de Rome. C'est ce qui explique comment de très-saints évèques purent prendre part à la plupart de ses délibérations.
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ont eu connaissance de la sentence présente [i* canon). ^ n Tous ceux qui entrent dans Téglisepour y entendre les saintes Écritures, et qui refusent de participer à la prière commune et de recevoir la sainte Eucharistie par quelque esprit de rébellion, qu'ils soient expulsés de l'église... Et il n'est point permis d'avoir des rapports avec des excommuniés, ni de se réunir avec eux pour prier dans des maisons particulières, ni de recevoir dans une église ceux qui ne communient pas dans une autre... (2* canon). »
a Tout prêtre ou diacre qui, méprisant son évéque» se séparera de l'Église et fora une réunion privée, ou élèvera un autel particulier et refusera d'obéir à sqd évêque, après deux appels de lui, sera déposé sans espoir de rétablissement (5* canon). »
En apparence, rien n'était plus juste eA fias -sensé; en réalité, cela voulait dire : Athanase et ses compliœs ont été déposés par des conciles réguliers ; nuïle autrt autorité n'a pu ni ne pourra les rélaUlr : Et à partir de ce moment, quiconque communique avec eux, quiconque refusera de communiquer avec les successeuis qui vont leur être donnés, et protestera contre cette intrusion, sera dégradé s'il est prêtre, et retranché des sacrements s'il est laïque. Les règles qui, en temps ordinaire, eussent défendu le pouvoir légitime, étaient iwv^ quées dans la pensée évidente de confirmer Tusurpatioiu Il est vrai que, pour accroître encore «on autorité prétendue, le concile, par une dispositioa jusq^ie-là sans
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exemple, ajoutait : Et celui qui persévère à troubler ainsi TÉglise, qu'il soit puni comme séditieux par la puissance du dehors * (S"" canon). Cet appel au comte et aux soldats arrivait à point pour justifier toutes les railleries d'Alhanase.
La puissance du dehors devait, en effet» répondre à cette invitation. Les règles générales ainsi posées, on s'adressa à Constance pour en assurer l'application. On lui fit part de la résolution de rassemblée de nommer un successeur à Àtlianase, et on lui demanda une escorte de soldats afin d'accompagner le nouvel évÊ(|uo, et des instructions pour que le gouverneur d'Egypte eût à lui prêter main-forte. On alla même jusqu'à lui désigner, pour remplir cette place de gouverneur, le même préfet Philagre, dont le zèle s'était si activement montré dans l'enquéle de la Maréote. Il faut laisser Athanase rendre compte de cette démarche édifiante avec ce tour ironique qui n'est pas le côté le moins original de son talent : «Voyez, ô empereur, leur fait-il dire, tout nous
(( manque : nous ne sommes plus qu'en petit nombre : « hâtez-vous de persécuter, car ce petit nombre même « va se dispersa. Ceux que les proscriptioBs desévéqi*es <K avaient réunis de force à notre communion, la «quittent, dès que la proscription cesse... Faites donc a sans délai un édit universel, et rendez-nous Philagre « en Egypte : car c'est là l'homme qu'il nous faut pour
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OC ce genre d'affaires, comme il Ta bien fait voir ; ce qui «est tout simple, puisqu'au fond il est apostat*.)^ Constance ayant tout promis, il s*agit de choisir Tinslrument de cette odieuse opération. On hésita entre un prélre de Mésopotamie, distingué par ses talents et ses connaissances, qui portait le nom alors si commun. d'Eusèbe, et un ancien protégé d*Athanase devenu, on ne sait pourquoi, son mortel ennemi, Grégoire, originaire de Cappadoce. La mission était périlleuse, car on connaissait les passions ardentes des Alexandrins, et on redouùiit les collisions sanglantes dont les bords du Nil avaient été si souvent le théâtre. Le nouvel Eusèbe, d'une nature fine et polie, ne se sentit pas de force h affronter une telle lutte. Le farouche Grégoire s'y prépara*. On peut s^e demander pourquoi le concile ne songea pas tout simplement à confirmer les pouvoirs de l'arieu Piste, qui s'était fait évêque de son chef et s'était maintenu sous les yeux d'Alhanase. Mais Piste avait été uh des premiers disciples d'Arius. et il ne convenait pas