‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 111 sur 137 · s. Athan., ad Sol.j p · texte numérisé non relu

s. Athan., ad Sol.j p

S. Le fait c[ae S. Hilaiie avait passé ses premières aimées dans le paganisme ressort, suivant nous, très-évidemment du récit qu'il fait lui-même de sa conversion au début du livre de la Trinité j et dont nous allons domier im extrait. L'éditeur l>éaédietin parait en douter cependant, sur le témoignage très-postérieur de Fortunat. 11 est obligé de supposer que le début du livre de la Trinité est une supposiiiitfi faite à plaisir par S. Hilaire. Nous ne voyons rien qui autorise cette hypothèse. Voir sur ce point et sur les faits suivants Touvrago intitulé : Hilarius von Poitiers^ de Renkens, SchaffousCv 1864.

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là même le dévouement sans bornes qui devait rempV toute sa vie. Jeune encore, riche, heureusement ms rié, père d'une fille qu'il adorait, placé au premier rar de cette noblesse des Gaules qui brillait par le savo autant que par Télégance et la politesse, il avait un jou senti s'élever du sein de sa conscience une redoutât question. Quel était le but de sa vie? Suffisait-il de laisser couler doucement dans l'opulence tranquil qui l'environnait? Vivre pour jouir, n'était-ce pas viv comme les bêtes? N'était-ce pas vivre pour mouri « Non, s'était-il écrié, la vie ne peut nous être donn seulement pour nous mener à la mort; et le doi sentiment de l'existence ne peut nous conduire un quement à la crainte douloureuse de la perdre ^. »

Jetant alors les yeux sur les systèmes des philos phes : c( Je trouvai, dit-il, juste et sensée la sentence i ceux qui disent qu'il faut conserver sa conscience pu de tout crime, puis pourvoir aux difficultés de la vie, I éviter par la prudence ou les supporter patiemment; cependant ceux-là même ne me semblaient point en di assez pour qu'on pût apprendre d'eux à vivre bien heureusement. Leurs préceptes étaient ordinaires, coi formes au sens commun de l'humanité. Les méconnaitr c'eût été se ravaler à l'état de la bêle; et les enfreind après les avoir connus, c'eût été dépasser les brutes ( stupidité. Mon âme avait soif de faire autre chose que < qu'il serait criminel de ne pas faire : elle aspirait à co:

^ s. HU., de Tfinitate, i, 2.

naître le Dieu de qui elle tenait le bien de la vie, pour s'y consacrer tout entière , pour s'ennoblir en le servant , pour appuyer en lui toute son espérance, et se reposer en lui, comme dans un port ami et sûr, contre les orages de l'existence. Voir, comprendre et connaîlre ce Dieu, ce fut lé désir qui l'enflamma*. »

Mais les dieux du paganisme, les dieux de tout Jige, de toute espèce, les petits dieflx, les grands dieux, les dieux représentés par des idoles et déshonorés par de ridicules symboles; tout cela eut bien vite lassé cette âme éprise du bien infini. Déjà il s'élevait jusqu'à la pensée d'un ôtre tout-puissant et éternel, en qui il n'y aurait ni plus, ni moins, ni avant, ni après, lorsqu'il tomba, dit-il, sur les livres que la religion des Hébreux disait écrits par Moïse et par les prophètes. « J'entendis alors le Dieu créateur rendant témoignage de luimême, en ces mots : Je suis celui qui est, Dites aux enfants d^ Israël : celui qui s'appelle Je suis m* a envoyé à vous. J'admirai cette parfaite définition de Dieu qui traduisait la notion incompréhensible de la nature divine, par l'expression la plus appropriée à l'humaine intelligence. Rien ne se conçoit, en effet, comme plus essentiel à Dieu, que l'être, parce que celui qui est par essence ne peut avoir ni fin, ni commencement, et que, dans la continuité d'une béatitude incorruptible, il u'a pu et ne pourra jamais ne pas être. »

De ridée de Dieu, aperçue dans son existence infinie^

i. s. HU., de Trinit i, 3.

Hilaire avait passé rapidement, sous la conduite du psalmiste, à Tadmiration de sa Providence dans la majesté de ses œuvres. Et pourtant ce spectacle, en le ravissant» ne le satisfaisait pas encore. Plus il connaissait Dieu, plus s'allumait en lui le désir de le connaître toujours, plus le tourmentait la crainte de perdre par la mort le sens divin de cette connaissance ; et la vue de son corps destiné à périr altrmait son âme sur sa propre destinée*. Ce fut alors qu'il ouvrit l'Évangile selon saint Jean, et que, dans l'éblouissante majesté des premières pages, il lut ces deux paroles : Le Verbe est Dieu, et le Verbe a été fait chair. « Alors, s'écrie-t-il, mon âme inquiète trouva plus d'espérance qu'elle n'avait rêvé... Je compris que le Dieu-Verbe s'est fait chair, afin que, par ce Verbe incarné, la chair même pût s'élever jusqu'à Dieu. Et pour nous faire voir que le Verbe incarné n'est pas autre chose que le Verbe-Dieu, et que la chair qu'il a prise n'est pas différente de la nôtre, c'est parmi nous qu'il a habité. En y habitant, il reste Dieu... En daignant prendre notre chair, il ne perd pas sa dignité propre; Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité, parfait par sa nature, mais véritablement doué de la nôtre! Mon âme transportée embrassa la doctrine de ce divin mystère, s'élevant ainsi à Dieu par

sa chair même, et appelée par la foi à une naissance nouvelle 2. »

1. s. Hil., de Trinitf 10. — Fatigabatur animas partim suo, partîK

corporis metu.

2. Idid., 10, 11, iî. — Nettium "ÛCV5& taxa Ctictas est, ut pei

LA PERSÉCUTION AIl1E^'NE• 359

C'était à ce dogme, qui terminait ses angoisses et comblait ses espérances, qii'Hilaire avait tout ««(rrifié. Abandonné tout entier à Dieu, dès le premier jour; fuyant désormais la philosophie autant qu'il l'avait recherchée , de peur de se laisser dérober le joyau précieux de la vérité qu'il portait en lai-mémo» il avait fait de sa vie et de son langage bien avant même qu*il TM prêtre, une prédication constante de la Trinité et de l'Incarnation divine. Tout l'Évangile semblait, pour lui, tellement réduit à ce seul point, que pendant longtemps il ne soupçonna même pas qu'un doute pût s'élever au sujet de la nature du Verbe incamé. Il croyait à la divinité de Jésus-Christ, d'après l'évident témoignage de rËcriture, sans s'être mis en peine de lire ou du moins d'étudier, nous assure-t-il, même le symbole de Nicée *.

Deum Verbuni carnem facttim caro proficeret in Deum Verbum. Ac ne Yerbnm caro factum ant aliquid alind esset qnam Dcut yer])um^ aut non nostii corporis caro esset, liabitavit in nobis: iA

-dum habitet^ non aliud quam Deus maneret Pcr dignatioiiein

assamptœ carnis, non inops suornm^ qnia tanquam Unigenitus a Pati« plenus gi-atiaî et veritatis et in suis pcrfoctns lit, et veros in oostris. Hauc itaque divini sacramcnti doctriuam meus iste suscepit, in Deum proficieYis per carnem et in novam nritivitatem pcr fidem vocata.

1. S. Hil., de Syn., p. 1205. — Regeneratus pridem et in opiscoivilu aliquantisper manens^ fid^m Nicseuani mmqnam uisi ex.sulaturns audivi; sed milii homousii et homcBoasii inteiligentiaxn Evangelia et Apo9» toli intimaverant. — Il faut le témoignage de S. Hilairc lui-même pour faire prêter foi à un fait si étrange. Il n'est pourtant pas possible de prendre le texte à la lettre , et il fant croire qu'en disant qu'il ne connut le symbole de Nicée qu'au moment d'être exilé^ Hilaire veut dire qu'il ne l'étudia^ et ne comprit ou ne connut les débats auxquels le symbole donnait lieu, qa^an moment de prendre part à la discos- ■8ion qui entraîna son exil. Le întai.exulatw^us est assez yague pour se prêter à cette interprétaÛGO.

Il en était là encore, même après que le choix populaire l'eut désigné pour le rang épiscopal. On juge ce qu'il dut sentir quand il apprit coup sur coup, que des chrétiens ébranlaient le centre même du christianisme, qu'un empereur chrétien persécutait ceux qui s'y tenaient attachés, et que des évêques mouraient dans les tourments pour le mystère de la crèche et de la croix.

Il remplit la Gaule entière de l'explosion d'une su^ prise indignée. Inspirant à tous ses confrères le courage dont il était animé^ il convoqua une réunion d'évéques, qui sépara ouvertement de sa communion Valens et Ursace, les deux proscripteurs d'Athanase, et Saturnin, primat d'Arles, qui avait partagé leurs violences.. Après ce défi audacieux, jeté à l'autorité impériale, il ne s'en chargea pas moins de se faire auprès de l'empereur l'organe des vœux de la province. Mais, habitué par l'apprentissage d'une haute situation politique à traiter les affaires en homme du monde, il apporta autant de

mesure dans cette mission qu'il avait mis de hardiesse à Tenlreprendre. Sa lettre à Constance ( la pre^

mière de celles que nous possédons), est un chef-d'œuvre de modération éloquente. Flattant habilement sa préoccupation connue, il le rassure sur la pleine soumission des Gaules, cette conquête si récente et toujours si agitée, où Constance venait à regret de se donner un suppléant et un rival. «Tout est calme, lui dit-il, parmi nous; on n'entend point de propos pervers ni factieux; il n'y a point de soupçon de sédition, pas même de mur«

mures trop bruyants. Nous demeurons dans la paix et dans le respect... Nous ne demandons qu'une chose de Votre Piété , c'est que ceux qui sont retirés dans Texil et dans le fond des déserts, ces prêtres excellents, que rehausse la dignité du grand nom qu'ils portent, puissent retourner dans leurs sièges; et qu'ainsi partout régnent la liberté et la joie. » Ainsi parle Fancien curial, le magistrat municipal, habitué à prendre soin de la police des cités. Puis le philosophe converti par le libre usage de sa raison proteste au nom de la dignité de Dieu et de rhomme contre l'emploi de la violence mis au service de la religion. «Vous travaillez, dit-il, empereur; vous gouvernez l'état par de sages maximes; vous veillez jour et nuit, afin que tous ceux qui sont sous votre empire jouissent du bienfait de la liberté... Dieu aussi a amené J'homme à le connaître par son enseignement, mais ne Ta pas obligé par la force. Inspirant par l'admiration des merveilles célestes le respect de ses commandements, il dédaigne Thommage de toute volonté qui serait contrainte à le confesser. Si une pareille contrainte était employée, même à l'appui de la vraie foi, la sagesse épiscopale viendrait l'arrêter et dirait : Dieu est le Seigneur de tout; il n'a pas besoin d'un hommage forcé ; il ne veut pas d'une profession de foi arrachée; il ne faut pas le tromper, mais le servir; c'est pour nous, plutôt que pour lui , qu'il faut l'adorer. Je n(à puis accueillir que celui qui vient volontairement ; je ne puis écouter que celui qui prie, et marquer du signe de la foi que

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celui ^ui la professe. Il faut chercher IMeu dans la shnplicité du cœur, le vénérer avec crainte, et conserver son culte par uBe volonté sincère. Qui a jamais entendu parler de prêtres obligés de craindre Dieo par les chaînes et par les supplices ^ ? »

Quelque modéré que fût ce langage. Constance n'était assurément pas d'humeur à le supporter patiemment; ^ s'il eût encore commandé directement en Gafile, le châtiment d'Hilaire ne se fût point fnt attendre. Mais le nouveau César qui gouvernait les provinoes Transalpines, ne parait point avoir apporté le même empressement à le punir. Tout entier à des préparatifs fliilîteires cxmtre les Barbares, enfermé dans son camp, à Vienne, sur le Rhône , il ne prêtait aux affaires de l'Église qu'une attention très-indifférente. Il fallut donc queFévêque d'Arles, Saturnin, se donnât beaucoup de mouvement et fît beaucoup de démarches; il fallut qu'il convoquât une ass^nblée du petit nombre de prélats de son parti à Béziers, et qu'il recourût à plusieurs reprises à l'intervention de Constance, pour arracher enfin à l'insouciant Julien un ordre d'exil contre son adversaire. L'Athanase des Gaules ne quittasa patrie que vers la fin de 356, en compagnie d'un intime ami, Rhodane, évêque de Toulouse; laissant derrière lui un clergé qu'il avait eu le temps de pénétrer de son esprit , des évêques tous unis dans la mémefoi,et «me lîlle chérie à peine parvenue à l'addes-

i. s. HIL^ >ad Const., p. 4229 et snir.

- cence : seul regret qui vint assombrir sa joie de souffrir pour la vérité*.

Pendant qu'à la vue de cette suite d'exécutions iniques une sourde indignation soulevait toutes les populations chrétiennes» Constance siégeait paisiblement à Milan , dans toute Tiafatuation du souverain pouvoir. Il ne paraissait même avoir d'autre préoccupation que d'accroître encore le nombre de ses ennemis, en portant les derniers coups au culte païen. De 6e côté, sans doute, ses rigueurs étaient justifiées par de meilleurs prétextes ; mais au point de vue de la prudence politique ils n'é^ taient guère mieux calculés, et le motif qui le déterminait ne parait pas avoir été beaucoup plus pur. C'était toujours lui-même , son pouvoir et son orgueil , qu'il avait en vue. Se croyant maître de l'Église, il lui convenait que l'Église, à son tour, fût maitresse de tout. Il lui promettait la domination pour la consoler de la servitude. Ce n'est pas la seule fois, dans l'histoire, que de tels marchés ont été offerts à l'Église; et, à vrai dire, le despotisme ne peut guère lui en proposer d'autres. Des richesses pour ses ministres, des supplices pour ses ennemis, c'est tout ce que le pouvoir absolu peut mettre

«. s. HU., ad Const.y p. 1225^ 1«6, 1Î89,1Î52.— Snlp. Sév., n, 89. —S. Jér., de Vh^isillustribus, 100.— Gonf. la vie de S. Hilaire mise en tète de Téditioa des Bénédictins. La date de renil de S. Hilaire est déterminée par Sulpice Sévère, qni dit qa'au concile de Séleucie Hilaire était dans la quatrième année de son exil, et par le séjour de Julien à Vienne, qui se termina, au dire d*Âmmien llarcellin, an mois •de juin ^e.

à son service. Constance ne lui épargnait aucun de ■ ^ ces dt)ns funestes.

Dès le lendemain de la chute de Magnence, une loi adressée au préfet de Rome était venue rétablir Tinterdiction des sacrifices nocturnes et secrets dont rusagft s'était réintroduit, soit par la permission expresse de l'usurpateur, soit grâce aux désordres delà guerre civile*. Mais ce n'était là que la répétition d'ordres déjà donnés plusieurs fois, comme on l'a pu voir, et qui ne frappaient que des superstitions prohibées. C'était peu pour l'ardeur de Constance ; il aurait voulu comprendre dans l'interdiction le culte légal tout entier, et deux lois étaient déjà préparées pour interdire entièrement, sous peine de mort, toute espèce de sacrifices, et procédera une clôture générale de tous les temples. Une mesure si hardie, qui eûtété toute une révolution dans l'État, ou ne vit point le jour, ou fut abandonnée tout de suite après avoir été promulguée. Tout porte à croire que le texte assez mutilé de ces deux lois, que nous trouvons encore dans les recueils, n'est qu'unsimpleprojetconservédanslesarchives impériales, et qui n'aura pris rang dans les codes, qu'à l'époque où la destruction complète du culte païen ne permettait plus aux compilateurs de comprendre les difficultés qui s'étaient opposées à leur exécution *. Mais au défaut d'une

1* Cod. Theod. , xvi , t. x, 1. 5. — On ne saurait douter cependant que Magnence fût chrétien au moins de nom; des médailles, dont plusieurs sont citées par Baronius (année 350) ne permettent à cet égaid aucune incertitude.

2. Ibîd,, t. x^ 1. 4 et 6. - Ces deux lois ont fait le désespoir

opération si radicale , Constance en tenta une plus détournée qui le menait indirectement au même but. Il fit rentrer hardiment au nombre des pratiques défendues toute la partie du culte nettional qui avait pour

de tous les commentateurs. Leurs termes ne se prêtent à aucune exception^ à aucune interprétation. •— Glaudi templa... aij^essu vetitis

omnibus volumus cunctos sacrificiis abstinere... pœna capitali sub-

Jugari praecipimus eos quos operam sacrificiis dare vel colère simalacra constiterit. H est clair que^ si ces lois ont été publiées, elles ont dû opérer une révolution entière dans l'État^ et principalement en Italie, où les temples étaient si nombreux.

Cependant^ il est certain aussi que cette révolution n'eut pas lieu. Dès Tannée suivante (la seconde de ces lois est de 356), Constance était à Rome, visitant, on le verra, les temples païens, très-paisiblement ouverts , comme ils le furent encore beaucoup d'années après lui. Il ne fit rien poar les fermer, et se borna à faire ôter du sénat l'autel de la Victoire. Beaucoup des inscriptions que nous avons citées plus haut et qui donnent à des magistrats des titres, soit de fonctions du culte romain, soit même du culte juitbriaque, datent des années 357, 358 et 359. Ou a un calendrier des fêtes paXeniies de l'année 354, qui parait postérieur à la première de ces lois (Grsvius, Thésaurus antiquitatum Romanarumf t. vin, p. 95). En un mot, les preuves de l'existence des temples postérieurement à ces lois abondent de toutes parts.

Dans cette difficulté, nous avons adopté l'hypothèse formée par Lahîisiie(Mémoiressurle souverain pontificat des empereurs romams,Âcad. des inscr., t. xv, p. 97), à savoir que ces deux lois, si eUes ont été faites par Constance, n'ont jamais été publiées de son vivant; que c'étaient de simples projets déposés à la secrétairerie d'État, m scrtniis mémoriœ, et retrouvés depuis par le compilateur du code Théodosien, à une époque où le culte païen ayant cessé d'être redoutable, on ne pouvait comprendre le motif qui les avait fait abandonner. Les raisons que donne Labastie à l'appui de cette conjecture, sont : V> que la première de ces deux lois est sans date d.e lieu, et la seconde sans suscription 2o que la seconde, insérée dans le code Justinien (ii. De pag. sac. templis ) , est attribuée à Constantin le Orand ; 3» que la date de la première est manifestement fausse, puisqu'elle porte : Coristan' tio IV et Constante II Coss., et que le quatrième consulat de Constance ne correspond pas au fécond de Constant, ni même de GaUus: 4» enfin, que le préfet du prétoire Taurus^ auquel elle est adressée, n'a pu avoir cette dignité avant les dernières années de Constance^ puisqu'il figure

366 LA PERSÉGUTION ARIENNE.

objet la connaiswsance de Tavenir. Trois lois, datées Milan et rédigées dans des termes dont la sévérité est| effrayante , n'ont point d'autre but que d'assimiler h k magie toute espèce d'art augurai, y compris celui qui s'exerçait dans les temples par les aruspices officiels : « Que personne, dit la première de ces lois, ne consulte ni aruspice, ni mathématicien, ni diseur de bonne aventure '. Que les coupables déclarations des devins et da augures se taisent. Que les Chaldéens et les Mages, que le vulgaire appelle faiseui*s de maléfices à cause de la grandeur de leurs crimes, ne se mêlent plus de teis métiers. Que la curiosité de deviner l'avenir soit réduite ai

dans Ammien Marcellin (xv^ 6)^ comme simple questeur en S5i Ces raisons nous paraissent très-valables, et nous préférons ITijp* thf'so (le I.abastie à celle d'une falsification complète, parce qjae s'il est imjyossible d'admettre que Constance ait prohibé absolument le cnlfc païen, il est certain cependant que la menace de cette prohibition tt lépautlue, comme on l'a pu voir plus haut dans le récit de l'expnlsion d'Athanase, et qu'assez de pas furent faits dans ce sens pour gnt Lihuiius ait pu dire (sans y insister, il est rrai, comme il l'eiît fait m cas d'une persécution véi-itable) que Constance ferma les temples (Or. xxYi, i>. 591) ; et pour que Sozomène, contemporain de la rédaction dn code Théodosion, ait pu mentionner (ni, 17) la fermeture des temples comme un fait accompli. La délibération de deux lois comme celles-ci, dans le consistoire sacré^ aura suffi pour répandre au loin la terreur, et la fermeture de plusieurs tem^^es survenue pour des faits parliculiei's de magie, de divination, etc., dans plusieurs endroits, amt paru à des témoins mal informés l'iexécution d'une mesure générale. Conf. Lasaux (Vntergang cU's HelienismMS, Munich., 1854, p. 54,55). Dans cotte excellente dissertation, rautenr prend parti pour l'anthenticité (les lieux lois. — Valois, Note sur Amm, Marc., xxii, 4.

1. « Haiioli. » — L'étymologie de ce motet son sens primitif sont douteux. Ou le fait venir en général de fari, dire, prédire Tafenir. TettuUiiii eu donne une autre origine très-peu probable. — Voir la nott d£ Godefroy à la loi citéa.

LA. PEItSÉGUTION ARIENNE. 367'

silence. Quiconque enfreindra cet ordce, le glaive ven- ^ geur le frappera du supplice capital ^ » — <c Beaucoup.

2 de gens; dit la seconde loi, osent, par des artifices maa giques, troubler la cours des éléments^ compromettre la ^

vie des innocents, en évoquant les mânes par leurs prestiges % et promettre à chacun de le délivrer de ses

- ennemis. Tous ces gens^ ennemie de. la nature, qu^une

3 peste cruelle les saisisse et nous en délivre ^. yt

^ C'était franchir un pas considérable. Phver les autels

>• des dieux de Vous leurs adorateurs- curieux oa cupides,

leur refuser le droit de répondre aux v^etui des ambi-

- tieux OU' des amants^ déiiacheir ainsi de leur culte toutes les passions qm l'avaient nourri tant d'années, c'était leur porter un coup mortel. Frapper la magie sans pitié , même quand elle s'exerçait à L'ombre des temples consacrés, c'était en même temps liever le voile

, qui couvrait L'alliance récente et mystique dis la philiDsopbie et de la superstition. Le paganisme, aitteinlde la sorte dans ses^ dernières retraites, se:débattiA et résista. La lutte ne se produisit pas au grand jour par f élo»foentes protestations comme celles qui sortaieol de la bouche des chrétiens proscrits ;: tant de courage n'habite point des eœujrs corrompue; de tels appels, d'ail-

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