Soz., Vf, 18, — Philost., IV, 8, — Théod., n, Î
dérés de toutes les opinions: on se verrait, on s'expia queraitybien des méfiances tomberaient, bien des calomnies seraient réfutées, les orthodoxes sauraient exploiter à leur profit les alarmes causées aux semi-Ariens par les exagérations d'Aélius; et de ce rapprochement d'idées analogues et de sentiments communs la paix pouvait çortir. Or, le trouble est l'élément de Tintrigue , et la paix lui répugne par instinct.
Ce qui justifiait leurs inquiétudes , c'était Tapparitioa simultanée d'un éloquent manifeste de conciliation, fait par l'un des plus illustres proscrits de la foi catholique, l'évéque de Poitiers, Hilaire. Hilaire , banni des Gaules, avait été transféré en Asie, et, à peine arrivé, avec le coup d'oeil d'un homme habitué aux afiaires, il avait promptement sondé la division intérieure qui travaillait l'hérésie, et compris le parti qu'on en pouvait tirer pour ramener ceux qui n'étaient victimes que d'une erreur passagère. Suivant une ligne de conduite un peu diff'érente de celle de ses compagnons d'infortune. iJ s'abstint soigneusement de toute parole vive contre ses adversaires, rechercha leur conversation, les aborda en tout lieu avec le salut de paix; et, sans s'unir avec eux par la communion des saints mystères, ne fit point difficulté cependant d'entrer dans leurs églises et de se joindre à leurs prières *. Il acquit par là leur bienveillance et, en même temps, la connais*