‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 126 sur 137 · III · texte numérisé non relu

III

fond même de la foi, et sur lesens et les limites de Telpression semblable en substance. Pour n'en pas perdre l'habitude, et pour préparer les travaux du concile, on dressait des formules de foi , et Athanase se raille agréablement d'un nouveau symbole qui fut rédigé, sous les yeux du Boi éternel Constance, et avec la date expresse du 22 mai 359, de crainte, dit-il, qu'on ne se trompât et qu'on ne prit la vérité d'aujourd'hui pour celle d'hier * . Ce symbole ne différait de celui qui avait été précédemment adopté que par c^ seul fait^ qu'au lieu de proclamer le Fils semblable en substance^ on y disait d'une façon plus générale qu'il est semblable au Père en ttmîes choses.

La décision ainsi arrêtée après tant d'incertitudes. Constance écrivit de nouvelles lettres , envoya de nouveaux ordres, et les officiers se mirent de nouveau en campagne. Ces marches et ces contre - marches , qui épuisaient de fatigue les chevaux des relais impériaux et grevaient le trésor de frais énormes, couvraient les chrétiens de ridicule. On riait publiquement

1. Soz., IV, 16. — Philost., IV, 11. — Soc. , ii, 37, 39. — S. Athan., de Syn, Ar, et SeL^ p. S71-875. — S, Épipk,, Hœr., lxxiii, M. — Oai voit par la date mise en tète de cette pièce, qu'elle doit être placée entre le tremblement de terre de Nicomédie et la convocation du concile de Rimdni. La quecetion agitée était de savoir si on dirait simplemeat que le Père est semblable au Fils, on bien si l'on ajouterait qu'il est semblable en suéstcmce on en toutes choses. Les semi-Ariens s'opposèrent à la formule simple, et se contentèrent du mot semblable en toutes choses, en expliquant qu'ils comprenaient la stésttxnce dans tes dernieis mots.

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de ces évoques qui couraient les grandes routes , pour savoir ce qu'ils devaient croire '.Dociles aux ordres de Tenipereur, bien que sensibles à Thumiliation qu'on leur imposait, les évêques d'Occident furent les premiers prêts, et se montraient aussi les plus pressés d'en finir. Beaucoup d'entre eux, ceux des Gaules en particulier, ne voulaient point accepter les voitures de l'empereur, et vinrent à leurs frais, logeant en route chez leurs confrères*. A peine arrivés, et se trouvant réunis au nombre de plus de quatre cents, sur lesquels on ne comptait pas plus de soixante à quatre-vingts hérétiques, il se mirent à l'œuvre avec la simplicité et la promptitude de gens qui, ne doutant nullement de leur foi, n'éprouvaient nul embarras à l'exprimer. Mais avant toute délibération, Taurus, préfet du prétoire d'Italie, qui avait reçu ordre d'assister à leur assemblée, et à qui on avait promis le consulat si* les choses étaient menées au gré de l'empereur, leur donna lecture d'une longue lettre de Constance, qui leur commandait de traiter d'abord des matières de foi , et de s'abstenir surtout de toute intervention dans les affaires de l'Église d'Orient. La lecture faite et écoutée avec respect, Ursace, Valens et leurs amis se levèrent pour donner connaissance , à leur tour,

1. Amm. Marc., xxi, 16. Ut catervis antistitum jnmentis publicis ultro citroque discurrentibus per synodes, quas app^Uant, dumrilum omuem ad suum trahere conautur arbitrium, rei vehiculariae succideret nervos.— S. AthaDase,de-Si/n. Ar. et SeL, p. 870, dit aussi que ces allées et venues étaient un scandale pour les catéchumènes, et un sujet •de risée interminable pour les païens. ,

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