S. 3éT,,Dial.adv. Luc
la Més)polamie un de ces eius du désert , heureux celm qui a fixé son regard sur le miroir limpide de la vérité pour y regarder le mystère de la génératioD divine qui surpasse toutes paroles !.. Heureux s'il a élevé autour de ses oreilles la muraille du silence, et si| | les discussions des docteurs ne l'ont point franchie! Heureux celui qui a laissé croître silencieusement en lui les ailes de TEspril-Saint , et, voyant qu'il y a des débats sur la terre, a pris son vol et s'est élevé vers le ciel ! Heureux le matelot de la foi qui , des orages de Ja controverse, a abordé dans le port du silence! Heureux celui qui a senti que le langage de sa bouche était trop faible pour cette inexprimable génération de Dieu,., qui ne se perd pointdans la recherche de l'incompréhensible, mais qui chante devant toi, Seigneur, comme une harpe dont les sons portent la paix à ceux qui l'entendent... Heureux celui qui est muet quand on discute ta génération, mais .qui résonne comme une trompette quand on l'adoie! Heureux celui qui sait qu'il est difficile de te connaître, et qu'il est doux de te louer!.. Heureux qui n'a point goûté la sagesse des Grecs, ni perdu la savei:» de la simplicité des Apôtres *. »
Ainsi parlait, avec une suavité céleste, la piété attristée des solitaires. Mais d'autres, plus actifs et nés pour la lutte, ne consentaient pas à se réfugier dans ce port du silence. Au contraire, du sein de l'oppression, dans
i. s. Ephrem. Sei&'t, works, Oxford, 1847, p. 110, 112.
le désespoir apparent de toute force humaine, le jour de parler, et de parler haut, leur paraissait venu. Devant le triomphe de l'impiété, l'habile modérateur des partis, l'homme d'état de l'Église, dont le zèle s'était longtemps contenu dans les règles d'une sainte prudence, n'ayant plus rien à ménager, laissait enfin échapper tous les élans de son âme.
« Il est temps de parler, écrivait Hilaire; le temps de se taire est passé. Attendons-nous au Christ , puisque TAntechrist a vaincu. Les mercenaires ont fui : c'est aux pasteurs d'élever la voix... Tout le monde m'est témoin que, depuis que je suis retenu en exil, je n'ai point
quitté la confession du Christ; mais je n'ai rejeté aucun moyen acceptable et honnête de rétablir la paix... Et puisque j'ai gardé le silence jusqu'ici, et que l'ftmertume d'une injure encore récente ne me l'a point feit rompre, on comprendra que si je parle aujourd'hui avec la liberté d'un chrétien, ce n'est tucune ponsion humaine qui m'y pousse. Je ne parle point isèns réflexion, puisque je me suis tu si longtemps. Et j'ai eu quelque cnérite de modération h me (aire, puisque j'ese porler odijourd*hui... Jem'adrfloie donc à toi. Dieu ioot'^iitfBQnt » créateur de toutes «hoses , père de notre Sc^»«Qr Jésus- Christ. Que ne m'as-tu fait naf tre , ^ue n^ac-tu placé ma vie dans un temps où j'aurais pu te confesser, toi et ton fils , devant les Néron et les Décius ! Alors, échauffé do TEsprit-Saint, et par la miséricorde du Seigneur Dieu iésus-Christ, je n'aurais pas redouté la torture du che-
446 LA PERSE CUTIOfll ABIENNB.
valet, me souvenant qulsale a été scié par le milieu la
corps. Je n'aurais pas craint le bûcher, me rappelant que
les enfants -hébreux ont chanté au milieu des flammes.
La croix, le brisement des jambes, ne m'eussent poidt
effrayé, car j'aurais su que c'est de la croix que le larron
a passé dans le Paradis. J'aurais sondé sans crainte k
profondeur de la mer et les tourbillons de l'OcéaD,
sachant, par l'exemple de Paul et de Jonas, que la mer
sait épargner la vie des justes. C'eût été un bonheur pour
moi de combattre contre des ennemis déclarés de tm nom, contre des gens à qui nui n'aurait pu refuser le
nom de persécuteurs; car ils auraient employé les supplices pour me contraindre à renier ta loi... Nousaurions combattu , à visage découvert , contre des impies , des bourreaux., des égorgeurs. Et ton peuple, averti par cette persécution publique, nous aurait suivis comme ses guides à la confession de ta foi»
« Mais maintenant nous combattons contre un penécuteur déguisé, contre un ennemi caressant, cootn l'Antéchrist Constance. Il ne nous frappe point sur le .dos; il nous flatte sur le ventre \ Il ne nous condamne point pour nous faire naître à la vie; il nous enrichit pour nous conduire à la mort. Il ne nous enferme point dans un cachot pour nous affranchir; il nous honore dans son palais pour nous asservir. Il ne déchire point nos flancs, mais il maîtrise notre