‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 34 sur 137 · Çevc^oj^iIov · texte numérisé non relu

Çevc^oj^iIov

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miers. « Sortez de 1» vitle, disait quelques années plus lard un orateur chrétien, évèque lui-même et racon tant les bienfaits d'un collègue chéri, et regardez cette ville nouvelle, le vaste dépôt de la charité t C'est Id

trésor oè toos les ricfhes sont veius placer leurs épap. gnes , où ils ont apporté nen-seatement leur superflu , mais leur nécessaire : là les vers né rongent ponit. Rien, n'attire Jes voleurs^; rîeir n'excite ni les luttes de Tenvie» ni les déhanches Ai siècte. Là , la maladie est reçue avec calme, l'adversité est appelée un bonheur : c'est là répreuve de la charité ^ » — « ©u'tl y ait dantsj toutes les villes, dit un de ces canons apocryphes du concile de Nicée qui peuvent servir à nous ftmre connaître avec certitude les usages contennrporains, unedeneure séparée

pour les étrangers, les pauvres et les malades Et que

révêque ehoisnse tm homme parmi les sofifarires qui ba-hitenf fe désert, éframger à ta viller et itmi la patrie soit lignée, quf n^aif point de parents autour dcr lui, mais dont la probité soit assurée , et qu'H le mette à ta tête de «efte demeure. Et son- office serff de préparer les Hts, les couvertures et tout ce qui est nécessaire pour des maUades ou des pauvres. Et si les biens dte TEglise ne sirfGsenC pas pour de telfes dépenses, il devra faire faire des quêtes par les diacres et reeevtiir des secours dé 4ous tes ehréfîèns suivant feurs' facultés. »

Ce que l'Église faisant coffiectivement et par tes nes-

i. s. Gréff. Nafty Or. hjd^ Mw

sources réunies.de tout le troupeau, beaucoup de particuliers riches 9 de grandes dames, maîtresses de ces fortunes colossales qui survivaient encore à la ruine de la richesse publique et qui s'alimentaient à ses dépens, l'essayaient par leurs propres forces. Tel qui naguère se serait ruiné à bâtir un cirque, à faire venir des bètes féroces du fond de la Nubie, à distraire et à nourrir pendant des journées entières une foule enivrée, renonçant maintenant à la richesse au lieu de la prodiguer, bâtissait à ses frais un hospice ou un sanctuaire. C'était , de toutes parts , une prise de possession du sol par la foi et par l'aumône. A la veille des grands désastres publics, la charité chrétienne se creusait des fondements dans le roc et se bâtissait des citadelles.

Les laits matériels ne sont que l'expression des révolutions morales. A cette situation désormais plus assurée de rÉglise, correspond aussi je ne sais quoi de plus calme, de plus majestueux, de plus impératif dans le langage de ses minisires. Les écrits des premiers âges, dans leur ardente éloquence, portent presque tous les caractères d'une discussion agitée. Ce sont , ou de grandes luttes apologétiques contre les païens, ou de hautes considérations propres à être débattues entre les docteurs. L'enseignement dogmatique proprement dit, très-discrètement distribué aux catéchumènes; la prédication faite à voix basse dans les catacombes, ont laissé peu de traces. Toute la vie intime, journalière de l'Église, est restée couverte d'un voile. Mais le triomphe amène la lumière.

€1 nous avons pour la première fois, à cette époque , un monument complet de renseignement chrétien tel qu'il se donnait au pied des autels à la foule des esprits simples. Les Catéchèses de saint Cyrille, qui furent prononcés à peu près vers cette date dans l'église de Jérusalem, nous présentent le premier exposé de la foi chrétienne qui ait été rédigé sous une forme purement dogmatique et dans une synthèse abrégée et régulière. C'est un simple prêtre, semblable à un vicaire de nos paroisses (Cyrille encore jeune remplissait à peu près cet office auprès de révoque de Jérusalem, Maxime), qui développe l'ensemble de la foi chrétienne à des catéchumènes prêts à recevoir le baptême au jour de Pâques. Il faut voir tout le système évangélique se dérouler sous sa main avec la tranquillité d'une doctrine sûre de l'accueil qu'elle va recevoir, confiante désormais dans la fermeté de ses appuis, dans la docilité de ses auditeurs, dans le respect universel qui l'environne. Cyrille sait déjà qu'il ne parle pas à des croyants tous également sincères et à des convertis d'une foi bien pure. Il démêle sur le visage de ses auditeurs les motifs complexes, de mode, de fantaisie, d'intérêt, qui peuvent les attirer dans le sein d'une Église florissante, maîtresse du pouvoir et des honneurs. Il les avertit, juste assez pour les mettre en garde, pas assez pour les éloigner. Rien ne donne mieux l'idée du mouvement un peu confus , mélange de curiosité , d'ambition, d'admiration et de foi naissante , qui poussait les populations vers le christianisme vainqueur; on saisit

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sur le fait l'art à la fois savant et sincère par lequel l'Église £e servait des passions humaines elles-^méme^ pour eo tempérer tes €xcès« et de son pouvoir temporel paur avancer le règne ^iritud de Dieu dans les âmes. « vous , 4it Cyrille au début de ses Catéchèses, fui vouiez être éclairés ^ le parfum de la béatitude voas attire. Vous ¥Oulez ctAollir les fleurs spirituelles pour tisser la co«a*onne du del* Le souffle «mbaumé (&e TEsprit a passé sur vous. Vous voici debout sous le vestibule du palais : qu'il plaise au roi de vous introduire. Les fleurs seules ont paru jusqu'ici. Plaise au ciel de

faire mûrir les fruits ! Vous ayez donné vos noms pour la milice, il s'agit maintenantde prendre les armes.. ^Le désir de la sainte cité vous pousse : votre dessein est bon, et l'espérance qui en nait est légitinje, car il ne trompe pas, celui qui a dit : que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu. Dieu est libéral dans ses bienfaits, mais il veut cbez tous une volonté sincère. C'est pourquoi l'apôtre se sert de ces termes : Ceux qui sont ap* pelés suivant le dessein qu'ils en ont formé. C'est donc la volonté sincère qui fait que vous êtes appelés ; et vainement voire corps est-il présent ici si votre esprit est absent... Que personne donc n'entre ici en disant : Yoyons ce que font ces fidèles; j'entrerai pour savoir ce qui s'y passe. Vous voudriez voir, et vous pensez qu'on ne vous verra pas ! Vous examineriez ce que nous faisons, et Dieu n'examinerait pas le fond de voire cœur!... L'époux sans doute est libéral, mais il

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n'est p» dépounra de jngenieHt. il 'examine tous les ficcrvives...* et s^ «n ,^oit un qoi ne soit pas revélu de la robe nuptiale : Monarnî, dît-0, ponrfaoî ètes-vons «ntré iei?..« liepertîerne voiK aipasanrdtë; sok, parce "que riiâte est magDÎfiqne; noas ne savieE pas le vôtesnent qu'il vous convenait «de (prendre ipour -venir an festin : soit encore, mais une fois entré vous -avez im les véten^etits ides convives 'ëdatants de blancheur, ne fallait-il pas (^y« tnatruive par loe «pectacle? Nous, les mlnisires du Christ, nous sommes les portiers, et nous laissons la «porte ouverte. Vous êtes peutêtre entrés ici avec une âme souillée de la boue du péobé, .€ft dans un dessein bonteus. Vous êtes eaitré, on ^vous admet; on a pris votre ©om. Voyeases milices canoniques 1 la pieuse lectare des Éorituresl la suite et l 'enchainement des leçons I — Que le respect d'un tel lieu vous pénètre, instrnisez-wûus de ce que vous voyeK. £ortec plutôt à temps aujeurd'hiti ; vous rentrerez demain plus ^ propos... Je vous y engage avant rque pacaisse Bésus, Tépous de 'vos âmes qui examinera tous V0S wâtemfinis. .«.^

<ic MaiS'il :fieipeut ique «Foufi «çec quelque autre motif encore >pour être venus icL Hm ibomme peut venir id poijir se nrattne len jneaux^ d'obtenir la oiain d'une femme;; lune Somme aussi, iMiur se rendiie digne d*uii mari.; ujei ^clave, pour être agnéahle à sdtn mai Ire.; um ami, pour plaire à son ami. Je saisis cet hameçon avec son appât et je v^ansfeçcns^ Monique %otpe molif ne soit

pas légitime, dans la légitime espérance de vous sauver. Vous ne saviez peut-être pas où vous veniez ni dans quels filets vous tombiez. Vous êtes tombés dans les filets de rÉglise; vous êtes pris tout vivants, vous ne fuirez plus. Jésus vous a pris à son amorce, non pour vous livrer à la mort , mais pour qu'étant morts vous ressuscitiez ^ i»

Pour agir sur des esprits si divers et encore si incertains, le catéchiste suit un plan méthodique qui éblouit les païens par la majesté de la doctrine du Christ, avant de les rassurer par sa miséricorde et de les enchaîner par sa puissance. L'unité de Dieu lui fournit les premiers de ses développements. C'était là, en effet, l'idée capitale qui, une fois rentrée en possession de l'intelligence humaine dont elle n'aurait jamais dû sortir, la ravissait par sa grandeur. L'unité du plan divin, la beauté touchante de l'ordre de la Providence, jusque-là couvertes comme d'un voile, apparaissaient pour la première fois aux Imaginations. Quand Cyrille développe, aux auditeurs curieux et un peu indifférents qu*il vient de nous dépeindre, tout ce tableau merveilleux sur lequel notre raison est aujourd'hui trop souvent blasée et nos impressions émoussées, mais qui avait pour des païens tout le charme et tout l'éclat de la nouveauté, il semble voir un rayon de soleil perçant le brouillard des montagnes, et déployant aux yeux du voyageur surpris

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