b. Cyrille de Jérusalem, Procatechesis, i
les sinuosités des fleuves, les riches moissons de la plaine, toute une perspective de grandeur, de fécondité et de paix.
« Que dirai-jc? s'écrie-t-il. Celui qui regarde le soleil peut-il ne pas admirer? Il point à Thorizon comme un cercle de peu d'étendue ; mais sa force est déjà grande et sa lumière s'étend de Forient jusqu'à l'occident. Le Psalmiste décrivant son lever matinal : Le voilà, dit-il^ comme le jeune époux sortant du lit nuptiçl. Et telle est en efifet la splendeur tempérée qu'il répand lorsqu'il paraît aux yeux des hommes... Mais les ténèbres, qu'en dirons-nous? hommes, pourquoi vous irriter contre elles? Pourquoi supporter impatiemment le temps qui nous est donné pour le repos? Le maitre ne laisserait pas de repos à son esclave, si les ténèbres n'imposaient
une trêve au travail Et quoi de- plus utile que la nuit
pour la sagesse ? C'est pendant les ombres de la nuit que nous viennent le plus souvent les pensées qui nous conduisent à Dieu : c'est alors que notre esprit est libre pour lire et pour méditer les oracles divins. . .N*est-ce pas la nuit que nos péchés qous reviennent le plus souvent en mémoire? Ne croyiez donc point qu'il y ait un auteur i des ténèbres et un auteur de la lumière; car l'expérience démontre que les ténèbres aussi sont très-bonnes et trè&-utiles..... Et la pluie, quel en est père? Qui est-ce qui a distillé les gouttes de la rosée ? Qui est-ce qui a épaissi l'air pour en faire les nuages, et pour soutenir au-dessus de nos têtes les eaux de la pluie? Tour à
122 TRANST^ORMATION DTJ PAt;ATnSME,
tour cette eau de pluie est Iftenche comme la laine; c'est la neigé : puis elle se répand -dans les airs -comme
la cendre, ou bien elle se durcit comme la pierre Sa
nature est une, son efficacité eA diverse. Dans la vigne, «lie devient le vî» «qui réjouit le cœur 'de rhommc. Dans l'olivier, «'est fkuile qui f»ît briller le visage ^de rhomme : elle pr«>4iuit aussi le pain qm sofftient Uss forces de rhomme«..«. Pouvez- vous ^emibraBser dans votre canm^issance toutes ies verlus des plantes, ou dire l'utilité ii laquelle ^ destiné chaque asidlaî? Des vipères les plus «enimenses soittent les renoèdes «alutairçs ipour les beimnes. Mais, diFer-*voiis, le serpent esl terrible ^ ecraig»^ Dieu, et il lae ve«s nuira pasu Le scorpion a un dard iim pique : ^nraignèz Dieu, et sa pointe ne vous atteindra f as. Le Uoii mvm lie sang : craignez Dieu, et il viendra Bé «oudier as-
près de vous comme auprès de Daniel '0 b^mmeii,
voyez «n toutes choses le graarà au vtrier et le fwge fondateur * . »
Yôilà le Dieu unique «replacé Bur ie trône de la création et de l'ioteUigence^ rnaus heb oBfplendeur navrait pu éUonir les pegaitdeL tOysrUe «e hâte «de (b. tempérer aussitàt par l'éclat voilé de rtenDonnitë de €hrist
a Croyons, dit-^il, aussi à iésns-ChiaBl, qui leA ¥enii dans la chair et s'est ML hamme : car autrement nnos
i. s. Cyc, Oatêok^ ix,i6f .7, %Aà^ Ul^paniim
imAHSPORMATION BV FÀCAIlSIie. 123
R'aurioBs pas pu l'embrassa par la pensée; car, OGOHBe MUS ne ponrions le voir tel qu'il e^, ni jouir de lui, il fi'est lail œ que nous sommes, afin que nous puissions aussi le posséder* Que si nous ne pouvons, en effet , regander le «oieîl qui n'a été fait que le quatrième jour, comment pourrions-nous voir Dieu qui en «st J^Mteur? Bien s'était montré sur le mont Sinaï, et le peuple n'« pu soutenir son éclat Si
entendre la voix de Dieu donne la mort, voir Dieu luimême, comment cela n'eùt-il point été mortel ?«.. L'expérience de notre faiblesse étant ainsi faite, le Seigneur a opéré ce que désirait Tbomme. L'homme désirait entendre la parole de la bouche d'un être fait comme lui : le Sauveur a pris notpe nature pour instruire plus aisément les hommes.. «^« Les hommes oubliant Dieu s'étaient iabrigué des idoles k forme humaine : et la %ure humaine recevait ainsi à tort les honneurs divins. Dieu s'est fait véritablement homme, afin de détruire le mensonge. Ainsi, par les œuvres mêmes que le diable employait pour nous écraser, nous avons été sauvés * . »
C'était ià un point délicat pour l'orateur dirétien, car ce rapport mystérieux de l'uniié <livine avec l'humanité
1. /d, Catech, xu« 13, 14, 15^ passiiXL ^ Oa «e ffa^q^ellera peut-être que cette pensée de saint Cyrille est tout à fait analogue à celle que noiïs avons développée xiaos JTImtroAuotiMi'de la pisenièiie partie de cette histoire, relativement à l'origine de Tidolâtrie et à l'effet salutaire de l'Incarnation pour rendre la croyance à un Dieu unique facile à l'bu manitô. (Voir t. i, p. 78-88.)
124 TRANSFORMATION DU PAGANISÎÏE.
du Christ était précisément le nœud de toutes les discussions de TÉglise et la source de toutes ses agitations. Cyrille détourne prudemment les yeux de ses auditeurs de ce douloureux spectacle. A l'abri de la neutralité prudente qu'avait gardée son honnête mais timide évêque, Maxime, au milieu de tous ces conflits, il évite de se prononcer trop ouvertement sur les questions débattues autour de lui. Il tire seulement des maux du temps quelques sujets d'instruction morale : « Si vous entendez dire, continue-t-il, que des évêques s'élèvent contre des évêques, des prêtres contre des prêtres, des populations contre des populations, et qu'ils en viennent jusqu'à verser du sang, ne vous troublez
pas, car cela a été prédit dans les Écritures Et si
moi qui vous enseigne, je viens à faillir, ce n'est pas une raison pour que vous périssiez avec moi. Mais le disciple peut devenir meilleur que le mattre, et celui
qui est arrivé le dernier peut devenir le premier
Si la trahison s'est trouvée parmi les apôtres, vous étonnerez-vous qu'il y ait entre les évêques des luttes contraires à la fraternité chrétienne * ? »
Puis il s'arrache à ces tristes pensées pour retourner promptement au grand spectaele du siècle, à cette conquête pacifique du monde soumis par la foi, miracle permanent dont l'évidence chaque jour croissante entraînait et subjuguait tous les cœurs,