‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 41 sur 137 · Cod. Thtod,, vl, t · texte numérisé non relu

Cod. Thtod,, vl, t

2. Ainsi Vitrasius Orfitus, six années préfet de Rom» sons Constance,

conduite incohérente les éloges ou les invectives les plus contraires des avocats des deux partis^ et souvent des mêmes écrivains ^

On pourrait se demander quelle était cette force occulte qui résidait encore dans le paganisme pour que, bien que décrédité et déchu, il pût tenir tête encore au flot montant de Topinion et aux dépositaires ardents d'un pouvoir absolu. Cette force était grande et persistante : car c'était la force du passé dans une société vieille de dix siècles de puissance et de gloire. Un mélange de superstitions populaires^ de traditions

politiques, d'habitudes sociales, et de goûts littéraires» défendait encore contre l'invasion des mœurs nouvelles les restes solides et massifs, bien que brisés, du vieux culte. Toute la société romaine était pénétrée de ses souvenirs et de ses croyances : la langue populaire, administrative, poétique ou élégante, en était également imprégnée. Les campagnes, les curies, les écoles, rcgor-

éleva un temple à Apollon (Beugaot, p. 153. — Gmter, p. 38, n'»67)t Turcius Apronianus, préfet de Rome en 335, en dédia un au Génie du peuple romain. (Beugnot, i6.).

1. Les contradictions des écrivains sont positives, et nous ne voyons pas d'autre explication à en donner que celle que nous présentons ici. Sozomène (m, 17) dit que les fils de Constantin firent fermer tonf les temples, tant dans les campagnes que dans les villes. — Libanirt {Or, p. 691) dit que Constance détruisit les temples de fond en corn» ble : 3caréaxa<!<6 tcù; vaco;. Mais Symmaque (1. x, ep. 64 ), tout ea reprochant à Constance d'avoir enlevé la statue de la Victoire du sénat, ajoute qu'il n'enleva aucun privilège aux vierges sacrées, donna le sacerdoce aux nobles; et ne refusa pas de pourvoir aux dépenses des cérémonies. Du reste, il y a, comme nous verrons, une distinction à faire entre la conduite tenue par Constance avant et après l'insurreotion de Magnence.

geaient encore de païens avoués ou secrets. Le vieil arbre frappé de la foudre» et atteint à la cime» n'avait point cessé d'étendre ses fortes racines sous le sol ; et» comme il arrive souvent aux vaincus» l'adversité même préparait aux derniers païens des ressources nouvelles» eu resserrant leurs rangs et en leur rendant l'union au défaut de la puissance.

Nous avons vu» en effet» dans quelle division et dons

r:| (piel chaos étaient tombés, aux derniers jours de leur puissance» la philosophie comme le culte qui subsistaient

■■^[ àl'ombre du polythéisme. Nous en avons compté les (déments divisés et confus ; mais l'époque où nous sommes parvenus présente un spectacle différent. Sous l'empire d*une nécessité commune» à la veille d'être enveloppées dans une destruction pareille, toutes ces forces diverses qui se neutralisaient naguère, se réunissent» se rapprochent et se préparent» moins par un calcul réfléchi que par l'instinct irrésistible de la défense» à tenter de concert un dernier effort. Il faut suivre» à tous les degrés de la société romaine, cette dernière et fébrile excitation de l'agonie qui devait prendre pendant quelques jours les apparences de la résurrection.

I De toutes les formes différentes qu'avait revêtues le polythéisme» la plus intacte en apparence» mais la plus rudement atteinte au fond, c'était la relif;ion officielle, ette fille de la Grèce et de Rome, produit mélangé des souvenirs de la république et des emprunts de la conquête, fondus par l'habile conciliation des premiers

ro.

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