Zul.y^Fragmentum. Ed. Spao., p- SM
t, Jnl., ad Athen,, p. tTS.
4. La date de la naissance de Jolien doit éUit êtéfb k9H um tiH, Écrivant anz AleiandriM pes d« lenps aval* ta aoii, ^ni eut l&«i «tt 36S, ilMdooneBtaitf. Ertrope et Aamin Maicellim di«(«it qu'à M mort U n'arait que U ans.(Eiilr.,z,ii.— Aaa* Maie** xxv, %»)
lamorl de ce prélat, ils avaient été conduits ensemble dans un château de Cappadoce que les historiens norr ment Macelle, et ils y avaient été, pendant six ans, environnés à la fois de tous les égards qu'on doit à des princes, et de toutes les précautions qu'on prend contre des prisonniers * : recevant des hommages, et ne jouissant d'aucune liberté; ayant des serviteurs, et point d'amis.
Forcé pourtant de se donner un collègue, et voulant à tout prix un parent, Constance n'avait pas le choix: c'était dans cette retraite qu'il fallait aller chercher le nouveau César. Si, pour s'éclairer dans cette grande détermination, il prit alors des informations sur les dispositions de chacun de ses deux pupilles, les rapports qu'on lui en fit durent être fort différents. Rien n'était plus dissemblable, en effet, que le caractère et même l'extérieur des deux frères. Gallus était grand, bien fait de sa personne ; une belle chevelure blonde, l'un des agréments ordinaires de la race de Constantin, tombait sur ses épaules ; son visage, d'une beauté régulière, était animé par l'expression de passions ardentes, sensuelles, mais cxpansives ; son naturel était violent et prompt h la colère ; il avait peu étudié, bien qu'on lui eût donné, comme à son frère, d'excellent^ maîtres; il était franc jusqu'à la rudesse*. Toute la personne de
i. Jul. ad Athen,, p. 499. — Amm. Marc, xv, 2. — Soz. v, 2. — S. Greg. iNaz. Or. iv, 22.
2. Amm. Marc., xiv, 11. — Forma conspicuus bona, deoe&te filo corporis membrorumque recta compage, flavo capillo et moUi^ barba licet recens émergente lanugine tenera*
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^ lien, au contraire, était étrange et irrégulière. Son
nez était droit, mais sa bouche trop grande, et sa lèvre inférieure tombait en formant une grimace désagréable : ses larges épaules contrastaient avec la petitesse de sa taille. Ces défauts étaient rachetés par des yeux brillants et une physionomie originale qui trahissait un feu contenu. Tandis que la contrainte sous laquelle Tun et l'autre avaient vécu, avait plus révolté que soumis l'âme impétueuse de Gallus, elle avait donné à Julien une réserve précoce et qui ressemblait à la dissimulation. Son premier maître, Teunuque Mardonius, ancien ami de sa famille, lui avait enseigné à garder dans tout son extérieur l'apparence de la gravité et de la modestie, et à faire consister toute la vertu dans un exact emi pire sus soi-même. Dès le plus jeune âge, on avait donc ' vu le royal enfant marcher à pas comptés, les yeux baissés, et fuir les regards de ses camarades. Mais je ne sais quoi d*inquiet et de haletant dans toute sa personne, des mouvements convulsifs troublant soudain la gravité de son attitude, des regards sinistres jetés autour de lui à la dérobée, laissaient deviner cependant sous ce calme extérieur, les élans d'une ardeur mal comprimée*. De sa mère, qui avait été une dame d'un esprit cultivé, versée dans l'étude des poètes, il tenait, par héritage, le
1. JuL, Misopogon,,^, 80, 81 (éd. 1680); ad Athen., p. 274 (éd. , Span.). J'ai tâché de faire accorder ce portrait avec un autre fort différent que Grégoire de Nazianze trace {Or,, v, 28), et sur lequel nous reyiendrons, et aussi avec celui d'Ammien Marcellin, zxy, 4, qui s'en écarte également en plosiears points*
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goût des lettres S et cette disposition avait été fort déve* ) loppée par k* lecture assidue d'Homère qu'on lui avak laissé faire dès ses plus jeunes années. Il s'était précipité en quelque sorte avec passion dans les études de tout génie, la grammaire, la rhétorique, et même les instructions de la vérité chrétienne qui avaient tenu une grande place dans son éducation. Constance avait prescrit en effet, à cet égard, le soin le plus exact. Il avait voulu que ses jeunes cousins fussent élevés comme des chrétiens accomplis : on leur avait fait pratiquer avec rigueur toutes les règles ecclésiastiques, les jeûnes, le» aumônes, l'assistance aux offices. On les conduisait avec dévotion aux tombeaux de tous les martyrs *. On les avait vus plus d'une fois l'un et l'autre, remplissant dans les cérémonies solennelles l'office de lecteurs, monter sur l'estrade qui faisait face au peuple^ pour lire | à haute voix les textes sacrés. Dans l'accomplissement J de tous ces exercices, l'ardeur des deux frères paraissait ■ égale ; leui*s surveillants ne surprenaient chez aucuBfl d'eux, ni ralentissement de ferveur, ni répugnance car '\ chée. On racontait pourtant, comme un fait singulier» qu'ayant voulu bâtir en commun une église sur le tom^ beau de saint Mamas, martyr de Cappadoce, et chacun d'eux s'étant chargé de surveiller la construction d'une aile du bâtiment, celle qui était confiée aux soins de Ju-^
1. Jul., Mis., loc, cU, ^^%, S. Grég. Naz., Or., iv, 23.—. Liban., Or,, x, p, t6S, -« 800«« Oit. !• — ^Eunap., Vit, Soph. Maxim, — Théo(L, m% %
lien^ toujours entravée pour un motif ou pour un autre, liQ'ayait point été acheyée * . II semblait que Dieu refusât Ms offrandes. Puis, dans les exerciœs de rhétorique que Von faisait composer aux deux frères, Julien s'empressait de pirendre le parti du plus faible; il se donnait presque toujours le rôle d'avocat du paganisme : c'était un jeu à la vérité, mais il s'y obstinait un peu plus que de raison, et ne se laissait battre qu'à la dernière extrémité^. Le jeune homme témoignait aussi, disait-on, un goût marqué pour l'observation des astres : on l'avait surpris, contemplant avec enthousiasme l'éclat d'un beau soleil d'été, ou perdu dans l'admiration d'une nuit éloilée, ce qui faisait craindre qu'il n'eût quelque propension pour le culte de Mithra, emblème de Taslrc du , jour, ou quelque faiblesse pour les visions de l'astrologie judiciaire.
Aucun motif de préférence ne portait Constance à s'éloigner du choix naturellement indiqué par le droit de l'âge. Gallus fut donc désigné pour recevoir la dignité de césar, et Constance le manda pour lui en remettre les insignes. La cérémonie se fit avec des précautions qui indiquaient assez que la nécessité seule faisait violence aux instincts jaloux du fils de Constantin. On enjoignit à Gallus de prêter sur l'Évangile, en présence de plusieurs évêques, le serment solennel qu'il n'entreprendrait rien contre les droits de son cousin. Puis on lui