‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 66 sur 137 · Sulp. Sev., Hist, JEcc, ii · texte numérisé non relu

Sulp. Sev., Hist, JEcc, ii

soit qu'après un effort inaccoulumé d'activité il retombai plus volontiers dans ses habitudes de prudence et de paresse, il suspendit sa marche et prit de nouveau des quartiers d'hiver sur rextrême frontière de la Pannonie. La saison n*était guère avancée, car on devait toucher tout au plus aux premiers jours d'octobre. U est vrai qu'il fallait maintenant s'engager dans les défilés des Alpes, pour atteindre l'Italie, et Constance pouvait redouter l'effet de la rigueur des frimas sur des troupes habituées au ciel du midi.

Magnence fuyait vers l'occident d'un pas plus rapide * . \^^ Il rentra en Italie, laissant les débris assez maltraités de ses troupes en garnison dans les places fortifiées des Alpes, et ne s'arrêta qu'à Aquilée. Il n'osait descendre jusqu'à Rome, où un sourd mécontentement grondait contre lui, et dont les habitants avaient bien accueilli la flotte de Constance aperçue pendant l'été à l'embouchure du Tibre. L'usurpation vaincue, perdant le prestige du succès, était frappée à mort. Bientôt son chef ne se sentit plus en sûreté derrière un seul rideau de montagnes. Dès les approches du printemps, et malgré un succès partiel obtenu devant Pavie sur l'avant-garde de l'armée de Constance , l'Italie était évacuée. Magnence, revenu à son point de départ, avait cherché son refuge et concentré ses troupes dans les Gaules.

1. A. D. 85î; — Indictio. x. — U. G. 1105. — Constantius v et Gallus I. Coss.— Daas les pays soumis à Magnence, les consuls furent Becentius et Paulus,

Constance, paisiblement parvenu et établi à Milan, die- . tait ses lois à toute la péninsule. Il reœvait en même temps la nouvelle que sa flotte avait recueilli la soumish sion de la Sicile, de T Afrique et de l'Espagne*.

Pourquoi s'arrêta-t-il encore près d'une année, pour jouir de ses succès, sans y mettre la dernière main? Pourquoi parut-il peu pressé d'aller chercher dans les Gaules un adversaire qui montrait si peu de confiance dans ses propres forces? Craignit-il de rencontrer dans cette province, toujours active et remuante, un certain esprit d'indépendance, qui lui faisait désirer sinon la liberté au moins l'honneur de faire des souverains? Faut-il croire avec les païens Zosime et Libanius, dont la haine infatigable poursuit sur la renommée du fils les péchés du père, que, n'osant s'aventurer lui-même, il donna le funeste exemple de pousser par de secrètes intelligences les peuplades voisines de la Germanie à venir faire une diversion sur les derrières de son adr versaire? Négocia- t-il avec Magnence, comme l'affirme Zonare, par l'intermédiaire d'évêques chrétiens que l'usurpateur avait su gagner à sa cause^? Toutes ces hypothèses reposent probablement sur quelques faits très- simples, mais défigurés. Les Germains n'avaient pas besoin d'être excités pour chercher à tourner à leur profit les désordres intérieurs de l'empire. Les évéques

1. Jul., Or,, I, p. 69, 70; II, p. 132, 134. — ZOS., U, fia. — Z0O.«

xm, 8.

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