‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 73 sur 137 · Amm. Marc, xiv · texte numérisé non relu

Amm. Marc, xiv

2, Amm. Marc, lô. — Aurel. Vict., Epit, 42. — Zos., ii, 55, raconte cette triste histoire avec des détails im peu différents. — Philost.^iii , 27, 28. — Socr., Il, 34. — Chron, Alex,, p. 541. La date de la mort de GaUus est portée, dans cette chronologie, à Tannée 355»

tête tranchée dans sa prison * . Un courrier parti de Flanone tout exprès, vint à grandes journées et en crevant les chevaux, annoncer à Constance qu'il n'avait plus de rival dans Tempire, avec autant d'apparat, dit Ammien Marcellin, que s'il eût apporté les dépouilles du .roi des Perses vaincu. Ce fut alors un concert d'enthousiasme et d'admiration sur le bonheur de ce souverain favorisé du ciel, à qui un signe de tête suffisait pour faire et défaire des empereurs. Ses courtisans l'appelaient : Votre Éternité S et à ce nom risible, qu'il ne craignait pas de répéter luimême, des ministres infidèles de Dieu ne rougissaient pas de joindre le nom presque aussi profane d'évêque des évêques.

Tout couvert du sang de ses proches, mais parvenu au comble des prospérités humaines, Constance vit enfin \^^ arriver le moment où il avait promis au pape Libère de s'occuper décidément, et pour en finir, des différends qui déchiraient l'Église. Son parti était, cette fois, bien pris de tout emporter de haute lutle, et de mettre le monde spirituel et matériel tout entier sous sa main. Le concile se réunit au début de l'année 355 ^ à Milan, où Conslance était déjà arrivé depuis plusieurs mois ; et l'on remarqua que pour la première fois depuis soixante-

d . Amm. Marc, xv, 1 .

2. Luciferi Calaritani Opuscula, Paris, 1568 : De non parcendo in Deum delinquentibus,

3. A. D.,355. — IndicUo. xiii. — U, G. 1108. — Arbetto et Lollianus. Coss.

2oO LA JEUNESSE DE JULIEN.

dix ans il n'y avAit qu'une seule personne couronnée dans toute retendue du monde romain ; car Constantin lui-même s'était toujours associé, au moins nominativement» un de ses fils, avec la qualité de césar. Rarement, la masse effroyable de la toute-puissance avait pesé sur une tôte plus incapable de la porter.

Pour le moment^ cette omnipotence était dirigée tout entière, et comme braquée vers un seul point de Thorizon. Un homme sans armes, sans gardes, sans puissance, réfugié dans une extrémité de l'empire, entre une cellule et une église, passant ses journées entre l'aumône et la prière, avait l'honneur de concentrer sur luimême toutes les jalousies, et bientôt toutes les colères impériales. Quelque habiles qu'eussent été les calomnies dirigées contre Âthanase, et quelque aveugle que fût la crédulité qui les accueillait, son plus grand crime, on peut le croire, était d*avûir résisté un jour et de n'avoir jamais flatté. Ce n'était ni un tribun haranguant des multitudes, ni un courtisan intriguant dans une antichamr bre. Il ne bougeait pas, il ne parlait pas. Immobile et silencieux, il attendait qu'on vint l'enlever par la violence. Mais dans ce représentant désarmé de la conscience, le despote irrité sentait avec impatience un égal et presque un mattre. Du sein de l'oppression universelle, c'était le réveil du droit appuyé sur la vérité *.

I. Le récit des longues démarches faites par Constance pour arriver

là oondanmation d'Athanase, arrache à Gibbon cette réflexion : « La

é avec laqueUe on procéda à la condamnation d'un éyèquB

De MUan à Alexandrie, il n'y avait que deux têtes levées, qui se faisaient face Tune à Vautre : Constance, le maître du monde, et Athanase, le serviteur de Dieu.

Le concile, dans la pensée de Constance et de ses conseillers, devait avoir pour résultat d'entratner par la force l'adhésion de TÉglise d'Occident aux sentences déjà portées tant de fois contre Alhanase par les Orientaux, et d'arriver ainsi par la violence à cette unanimité que tant de délibérations et de discussions n'avaient jamais pu obtenir. Aussi avait-on mis un grand soin à réunir le plus grand nombre possible d'évêques d'Occident. Pour les évoques Orientaux , dont l'opinion était déjà connue et consignée dans plus d'un arrêt, on ne jugea pas nécessaire de les déranger. Il n'en vint qu'un trèspetit nombre ^ Mais, dit un historien, comme il ne s'agissait que de force et non de discussion, tous les soldats de Constance pouvaient passer à peu près pour autant d'évêques ariens *.

Les directeurs de l'assemblée, après l'empereur et les officiers, étaient les évéques de Pannonie, Valens et Ursace, aidés de plusieurs de leurs collègues de la même province, à qui la qualité de* latins et l'usage facile de la langue de l'Occident assuraient un grand ascendant. Ils ne conçurent rien de mieux, pour entraîner

populaire découvrit au monde que les privilèges de l'Eglise avaient déjà réveillé dans le gouvernement romain un sentiment d'ordre et de liberté. »

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