Cod. Theod. xvi, t. 1, 1. 3; t
minée, préservée sans doute de l’erreur dogmatique par la protection que l’Esprit-Saint accorde à ses moins dignes interprètes, mais dont la formation laborieuse, interrompue par de déplorables hésitations, n’avait ni édifié les spectateurs, ni préparé les fidèles au respect. Au premier moment même l’effet de cet ensemble de décisions, faible en Asie, fut nul et plutôt fâcheux en Occident. Rome, qui avait conseillé le concile, mais qui n’avait pas été appelée à y prendre part, ne les connut ni ne les confirma *. Ce ne fut que plus tard, plus d’uu
1. La question de savoir à quel moment les actes du concile de Constantinople ont reçu cette sanction de l’Église universelle qui permet de placer cette assemblée elle-même parmi les conciles œcuméniques, est une de celles que les érudits ont le plus souvent débattues. Par le récit môme qu’on vient de lire, il est très-évident que, dans la pensée de l’empereur qui convoqua le concile et des évôques qui s’y rendirent, cette assemblée ne devait être composée que d’évêques orientaux et ne voulait statuer que pour l’Orient, l’hérésie spéciale des Macédoniens n’ayant aucune Taciuc en Occident. Aussi aucun légat de Rome ne fut appelé, et sauf les évêques de Thessalonique, qui ne vinrent que tard et sur un appel spécial, aucun Occidental ne prit séance. Il ne nous parait pas moins certain qu’aucune communication ne fut faite officiellement à Rome des décisions prises et aucune confirmation demandée. Le contraire a été soutenu par quelques érudits, s’appuyant sur une lettre du pape Boniface aux évêques d'Illyrie, en 422, qui dit que l’empereur Théodose, ne croyant pas l’élection de Nectaire assurée, envoya des personnes de sa cour pour prier le pape de la confirmer. Mais cette assertion ne se rapporte qu’à une lettre écrite l’année suivante (382) par une autre réunion d’évêques tenue à Constantinople, qui s’adressa cette fois directement au pape, à la suite d’une interpellation faite par Damasc à Théodose sur l’état de l’Église d’Orient. Cette lettre elle-même, dont nous aurons occasion de parler, fournit une preuve décisive qu’aucune communication ne fut faite en 381.
11 est certain enfin que les canons du concile de Constantinople étaient encore très-mal vus à Rome au temps de saint Léon, princi-
siècle après, que le besoin de rattacher à une date fixe la proclamation d’un dogme immémorial fit placer le symbole de Constantinople à côté et à la suite de celui de Nicée; et sans cette adhésion tardive de l’Église universelle, les Pères de Constantinople ne seraient connus que par les traits qu’a lancés contre eux la sainte et poétique colère de Grégoire.
Un autre fait cependant, plus digne de mémoire, recommande ces insuffisants défenseurs de la vérité au souvenir de l’histoire, c’est l’attitude que garda devant . eux le représentant du pouvoir suprême. On vit, en clfet, ce jour-là en présence, d’un côté, un jeune empereur, dans tout l’éclat d’une renommée naissante, entouré d’une armée dévouée, dont il avait effacé la honte et relevé les drapeaux, salué partout sur son passage par les acclamations enthousiastes d’un peuple qu’il venait d’arracher à une ruine presque consommée; de l’autre de vieux prêtres, désunis, et privés par leur faute même du seul reflet de gloire qui pût éclairer leurs fronts. Quel contraste! quelle inégalité! quelle tentation d’envahissement chez l’un! chez les autres quel danger de faiblesse! Et cependant ce furent ces vieux prêtres qui firent la loi et ce jeune
paiement celui qui reconnaissait au siège de Constantinople même une primauté d’honneur; et saint Grégoire le Grand écrit que l’Église romaine n’a jamais reçu les canons du concile, mais seulement les définitions contre Macédonius. C’est donc uniquement en raison de cette définition ajoutée au symbole et pour rendre à la divinité du Saint- Esprit un hommage nouveau, que le concile lui-même a été admis dans l’Église avec l’autorité infaillible qui s’attache à l’œcuniénicité.
vainqueur qui s’honora de leur obéir. Aucun signe des temps ne pouvait mieux manifester la puissance croissante de l’Église. Quand Basile d’un regard intimidait Valens, on pouvait dire que c’était le génie qui faisait reculer la médiocrité couronnée; mais quand Théodose, tout illuminé de gloire, se rangea devant Nectaire, simple commis la veille et le front tout humide encore de l’eau du baptême, ce ne furent plus deux hommes, mais deux institutions en regard, dont l’une, pliant devant l’autre, consommait par son abaissement toqte une révolution sociale!
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