Vestræ majestatis voluntas
et ne saurait, vous le voyez, affronter encore la poussière de Mars; mais il voudra se rendre digne de la gloire de sa famille et des hauts faits de ses aïeux, et il s’élèvera rapidement au-dessus de ceux qu’on pourrait lui préférer aujourd’hui. 11 apprendra ce qu’il ignore; et, ce qui donne à la piété envers la patrie sa plus grande force, il confondra dans le même amour la république et le foyer de ses aïeux *. »
Les soldats, sensibles à la franchise de ce langage et au spectacle de l’amour palernel, touchés d’ailleurs de la physionomie aimable et intéressante de l’enfant, applaudirent avec entraînement à l’éloge de l’hérédité royale. Le questeur Eupraxius s’écria : « Si ce n’est pas Gratien, c’est au moins sa famille qui mérite un tel honneur. » Valentinien se tournant alors vers son fils, pour le revêtir des insignes impériaux : « Reçois, cher fils, lui dit-il, sous d’heureux auspices ces augustes vêtements que te défère la volonté de mes compagnons d’armes. Ceins tes reins pour partager avec ton père et ton oncle le fardeau des périls publics; reste toujours parmi ceux qui portent les armes; ne ménage ni ton sang ni ta vie, pour défendre ceux que tu as à gouverner; regarde comme te touchant toi-même tout ce qui touche l’empire de Rome... Et vous qui m’écoutez, puissants défenseurs de l’Etat, je vous en supplie, que ce jeune empereur confié