‹ L' église et l'empire Romain aux IVe siècleChapitre 32 sur 111 · S. Grog. Naz., Cann. de Vilasua, v. 400 etsuiv · texte numérisé non relu

S. Grog. Naz., Cann. de Vilasua, v. 400 etsuiv

l’épiscopat DE SAINT BASILE. 153

même par sa propre vertu 1 . » La blessure de l’àme de Grégoire était profonde et sa résistance fut longue. Tout le monde s’employa à la vaincre, les évêques voisins, les amis communs, le père de Grégoire luimême. Enfin, moitié de gré, moitié de force, protestant encore jusqu’au pied de l’autel contre la tyrannie de son ami, la victime consentit à se laisser consacrer. Mais le lendemain, nouvel incident : au moment où il s’agissait de partir pour Sasime, on apprit qu’Ànthime prenant les devants avait mis garnison dans la bourgade et qu’il n’y aurait pas sûreté à y pénétrer. Le nouvel évêque, qui n’était pas pressé de se rendre à son poste, saisit avidement ce prétexte de retard, et pour quelque temps l’usurpation parut consommée s .

Ce fut Anthime qui, en exagérant son triomphe, le compromit. Informé du démêlé qui avait refroidi les rapports des deux amis, il eut la pensée d’en profiter, et promit sous main à Grégoire de lui céder la paisible possession de son diocèse, peut-être même d’un plus considérable, moyennant que celui-ci consentît à reconnaître la nouvelle juridiction. Il vint

même, en personne, rendre visite au vieil évêque de

Nazianze pour tenter de le gagner à sa cause. L’intrigue tourna contre son but. La seule idée d’une trahison révolta Grégoire, et fit précisément sur son cœur généreux l’impression que ni prières ni protesla-

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