‹ L' église et l'empire Romain aux IVe siècleChapitre 45 sur 111 · Ep. cciaxxix · texte numérisé non relu

Ep. cciaxxix

212 l’ÉPISCOI’AT DE SAINT BASILE.

Une seule fois il dispute des voleurs au magistrat civil, et réclame le droit de les punir à lui seul. C’est dans l’église que s’est commis le vol ; ce sont des vêlements de pauvres qu’on a dérobés. Puisque l’église a été le théâtre du crime, qu’elle soit aussi le tribunal où l’assuré comparaisse. Premier exemple d’une juridiction ecclésiastique exercée au for extérieur : c’est une pensée de clémence qui y donne naissance *.

Mais ce pouvoir qu’il veut laisser intact aux mains du magistrat, il 11e se croit pas défendu d’en tempérer et d’en régler l’exercice par des conseils, par des maximes tirées des nouvelles lumières que l’Évangile a jetées syr les secrets du cœur humain. Ainsi toute une théorie pénale, telle que l’a conçue, mais non encore complètement réalisée, le progrès des législations les plus modernes, et dont l’antiquité n’avait pas soupçonné le principe, se trouve résumée dans cette phrase jetée au hasard au milieu d’une lettre de recommandation : « Laissez-moi ajouter, écrit Basile à un magistrat en lui demandant une grâce, que si l’on punit les coupables, ce n’est pas à raison des crimes qu’ils ont commis; car ce qui est fait est fait et nul ne peut l’effacer : c’est pour les améliorer eux-mêmes, et pour instruire les autres par leur exemple... Dans le cas présent, ces deux résultats étant atteints, tout ce que vous feriez de plus serait vengeance et colère 2 . »

Page 1