‹ L' église et l'empire Romain aux IVe siècleChapitre 46 sur 111 · Ep. exil · texte numérisé non relu

Ep. exil

l’épiscopat DE SAINT BASILE. 213

« Je vous en conjure, dit-il ailleurs, que les exacteurs ne demandent pas aux paysans le serment pour attester qu’ils ont acquitté intégralement les impôts... Ces serments ne servent de rien pour assurer la perception, et ils font un grand mal aux âmes. Lorsqu’une fois les hommes se sont accoutumés au parjure, ils ne pensent plus à s’acquitter réellement, croyant avoir trouvé un moyen de se dispenser de tout payement. Ainsi tout ensemble ils violent la loi et allument contre eux la colère de Dieu 1 . »

S’il parle sur ce ton paternel aux puissances de l’État, on juge bien qu’aucune autre ne l’intimide. Avec les grandes familles de son diocèse, sa correspondance n’est, en général, qu’un échange de conseils et de compliments. Ildemande de l’aide pour les besoins de son église, des mules pour ses transports, du vin pour ses ouvriers. On lui fournit ce qu’il désire, il remercie, ajoutant quelques avis, quelques vœux pleins de bonne grâce, quelques souhaits d’amitié pour les enfants. Mais parfois, si on le contrarie dans ses demandes légitimes, ou si on s’écarte de la voie des commandements divins, le ton s’élève, et nul crédit nul service rendu, nulle possibilité d’en rendre encore, n’arrête une réprimande qui tombe de toute la hauteur du sacerdoce. Quelquefois même c’est une excommunication solennelle, qui met le rebelle au ban de

Page 1