S Bas., ibid., p. 2i
l’épiscopat DE SAINT BASILE. 227
Mais que faut-il pour tirer des instructions si pures d’une lecture qui présente pourtant aux yeux tant de tableaux sensuels, tant de vices glorifiés môme par l’exemple des héros et des dieux? Une seule, mais forte préparation est nécessaire : il faut, avant toute chose, être persuadé que la vie présente n’est rien et que le corps doit être tenu par l’àme en servitude. Pénétré de cette conviction, on peut aborder les monuments antiques avec le parti pris de s’appuyer sur tout ce qui pourra la fortifier, et de se détourner de tout ce qui pourra l’ébranler. 11 y a des exemples de nature à produire l’un et l’autre de ces effets dans tout ce qu’a laissé l’antiquité, écrits, arts, histoire : il y a la paresse de Sardanapale et la vertu de Pittacus; il y a la continence de Scipion ; il y a l’ivresse d’Alexandre ; il y a des chants et une musique qui excitent les sens, il y en a une autre qui calme les passions soulevées 1 . L’antiquité est donc un mélange de bien et de mal , comme tout ce qui vient de l’homme ; mais la pierre de touche est entre les mains du chrétien : c’est au creuset de l’Évangile qu’il faut passer toute la science profane.
11 joint lui-même l’application au précepte. Ses sermons sont pleins, soit d’allusions à des fables qu’il interprète comme des allégories des mystères évangéliques, soit de réminiscences des poètes et des philosophes. Telle comparaison n’est que la paraphrase d un