‹ L' église et l'empire Romain aux IVe siècleChapitre 53 sur 111 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LA BATAILLE d’ANDIIINOPLE.

Noire récit, momentanément interrompu, a laissé les deux frères couronnés, l’un à Antioche, et l’autre au fond des Gaules, dans des situations également embarrassées et périlleuses. Mais tandis que Yalens ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même des difficultés que lui avait créées sa sotte ingérence dans les affaires de l’Église, Valentinien accomplissait le plus impérieux des devoirs en luttant sans relâche contre les causes de dissolution qui menaçaient la civilisation romaine en Occident.

Sa tâche, qui était la plus honorable, était aussi la plus rude. A peine rétabli de la maladie à la suite de laquelle il avait cru devoir s’assurer un successeur, il s’était remis à l’œuvre avec un redoublement d’activité, de rigueur et d’impatience. Il avait beau faire : le

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désordre, un instant comprimé, renaissait partout. Au Nord, au Midi, sur la ligne du Rhin, du Danube, dans l’île de Bretagne , en Afrique , c’étaient chaque jour invasions ou séditions nouvelles. Une fois, c’était la ville de Mayence que des Germains pillaient subitement, le jour de Pâques, pendant que les chrétiens étaient occupés à célébrer la solennité. Une autre fois, c’était un corps de travailleurs armés, envoyés par l’empereur lui-même pour élever des forteresses sur la rivière du Necker, qui était surpris et massacré tout entier. Le chef seul revenait tristement porter luimême la nouvelle de ce désastre. Au même moment, en plein pays de Gaule, des brigands faisaient main basse sur le propre beau-frère de l’empereur, Constantin, qui remplissait auprès de lui les fonctions d’écuyer. Un peu plus tard, des courriers apportaient à Trêves la nouvelle que les Pietés avaient enlevé le comte Nectaride au milieu du camp établi sur les bords de la Clyde, et que de hardis pirates saxons dévastaient toutes les côtes de la Manche 1 .

Valentinien faisait tête à tout sans fléchir, par luimême ou par ses lieutenants. En six ans, il ne dirigea pas, moins de quatre expéditions sur la rive droite du Rhin. Non-seulement il payait de sa personne, mais il se faisait accompagner de son jeune fils Gratien, avec son précepteur Ausone, comme pour montrer qu’il no

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